Nouveau-Mexique (Nord 2) : Chimayo – Bandelier – Jemez Mountains – Chaco

30

Sur les hauteurs de Chimayo :

La petite ville de Chimayo n’a rien de particulier si ce n’est celle de pouvoir remplir votre frigo et faire quelques provisions avant de vous perdre à nouveau au milieu de nulle part.
Et, de vous dire que vous êtes toujours bien au Nouveau-Mexique 😉

 

Mais les montagnes environnantes, dont les sommets sont encore sacrément enneigés en ce mois d’avril 2019, vous réservent parfois bien des surprises : ce lac, suspendu à près de 2000 m d’altitude, était un super spot : on y a dormi deux nuits, seuls, au milieu de nulle part (un BLM bien sympa).

 

 

Bandelier N.P. :

On visait le village de Taos Pueblo, perché en altitude, mais le mauvais temps et la neige prévue au nord-est nous ont décidés à partir un peu plus tôt que prévu vers l’Ouest, direction Bandelier National Park. Nous n’avions pas trop envie de nous geler les gambettes  et de retrouver des températures nocturnes négatives.

Situé dans le canyon-mesa sur le plateau Pajarito, formé il y a plus d’un million d’années par deux violentes éruptions du volcan Jemez, ce parc protège les ruines de l’ancienne civilisation amérindienne Anasazi, ancêtre des Indiens Pueblos. Elles ont été découvertes par l’ethnologue américain Adolph Francis Alphonse Bandelier (mais que de prénoms pour un seul homme !!!).
La roche rose qui habille la paroi du canyon n’est autre que cette cendre volcanique condensée après un million d’années en roche appelée « tuff ». Son apparence de « gruyère » est due à l’érosion de trous autrefois remplis par des gaz. Quelques-unes de ces ouvertures naturelles ont été élargies, par après, pour en faire des abris.

Les habitats étaient adossés aux falaises et des pieux de bois les fixaient dans la roche. A certains endroits, les trous de fixation des pieux sont encore bien visibles.

 

Ces ruines, nous ne le constaterons que quelques jours plus tard, sont moins bien conservées que celle du parc national de Mesa Verde, au Colorado.
Mais, ce qui nous surprend très fort, c’est de constater combien ces civilisations anciennes maîtrisaient déjà si bien la construction de maisons en pierre de plusieurs étages.

Sur certaines parois ou dans les trous des roches, on y trouve encore quelques traces de peintures anciennes. Difficile de bien s’imaginer ce qu’elles représentent, mais la dernière photo montre clairement une tête d’indien pourvue d’une grande plume.

Le lendemain matin, nous nous réveillerons au chant de ce charmant petit compagnon imprévu, aux couleurs étonnantes.

 

 

 

Jemez Mountain :

Notre route vers le Mesa Verde nous fait traverser les montagnes de Jemez, où nous culminons avec le camion à 2.757 m d’altitude. Grande première !!! Il est certain que l’Amérique du Sud nous réserve des sommets avec des routes à des altitudes bien plus élevées encore, mais ce nouveau record ne nous laisse pas indifférents et nous rassure quelque peu au sujet de l’adaptation du moteur par rapport au manque d’oxygène.

 

 

Un coyote, pas très net, en quête d’un frugal repas, erre dans les parages … Tandis que de petits chiens de prairies insouciants s’en donnent à coeur joie dans les quelques rayons de soleil de cette fin de matinée.

 

Nous quittons cette plaine d’altitude qui est le coeur du volcan Jemez pour redescendre progressivement vers Jemez Pueblo.

Que donne un peu de noir et blanc dans ces contrées sauvages encore quelque peu enneigées ?

… mais, du caractère, bon Dieu ! (c’est juste pour les connaisseurs :))) ).

 

 

Ruines de Jemez Pueblo.

 

Chaco Culture : 

Nous empruntons une longue piste traversant une réserve indienne Apache sur plusieurs dizaines de km. Les terres s’étirent à perte de vue avec par-ci, par-là, quelques habitats apaches, des troupeaux de vaches et des chevaux, crinières au vent.

60 km de piste roulante pour le plaisir de la conduite « sauvage »


 

Après avoir soulevé des miles de poussière, nous atteignons enfin Chaco Culture.

Site sacré d’Hungo Pavi – Occupation AD 1.000 – 1.250 s.

 

Il y a plus de mille ans, nous apprenons que cette vallée était le centre de marchés et de cérémonies. Les habitants y avaient construit des bâtiments de pierres, massifs, de plusieurs étages, contenant des centaines de chambres. Apparemment, plus de 150 « grandes maisons » auraient été érigées dans le Chaco Canyon selon les directions solaires, lunaires et cardinales.
Elles étaient reliées entre elles par des routes construites dans toute la région sur plus de 640 km.
On pense que Chaco était en réalité le noyau d’un centre d’échanges et de marchés. C’est ici que les turquoises auraient été montées en colliers et échangées contre des perroquets et macaw, des cloches de cuivre et d’autres produits précieux.

 

Les chacoans semblent être des maçons très habiles. Ils ont érigés des bâtiments qui suscitent vraiment l’admiration. Leur technique de maçonnerie a clairement évolué au cours des siècles.
Les plus anciennes habitations étaient faites de murs d’une seule épaisseur de pierre, tenus ensemble par du gros mortier fait de boue. En décidant de construire des bâtiments plus élevés, ils ont érigé des murs avec un noyau intérieur épais fait de débris de pierres et un habillage assez fin de pierres pour l’extérieur.

Certains pensent que Chaco aurait également été le centre de distribution de nourriture et d’autres ressources pour une population toujours en augmentation.

En réalité, on ne comprendra peut-être jamais complètement l’histoire de Chaco… Après avoir prédominé durant 300 ans, le canyon de Chaco a décliné vers le milieu des années 1.100.
Leurs descendants sont les indiens modernes du sud-ouest d’aujourd’hui. Beaucoup de ces peuples du sud-ouest garde Chaco comme un lieu sacré de pèlerinage de leur clan, une place spirituelle qu’ils honorent et respectent.

 

Pueblo del Arroyo

 

Une petite escalade vers les hauteurs, seul passage donnant accès au sommet de ces immenses plateaux rocheux à partir de Kin Kletso, nous donne une toute autre dimension des lieux… Nous prenons pleinement conscience de sa beauté sauvage.

 

 

Après une superbe journée passée sur les traces des ancêtres des indiens pueblos, nous quittons cet endroit grandiose pour faire route vers le désert de Bisti De-Na-Zin,
avant d’atteindre enfin le Mesa Verde situé au Colorado près de la frontière du Nouveau-Mexique.

 

 

Mi-avril nous gâte d’un temps sec, souvent ensoleillé, même si certains jours, les températures ne dépassent guère les 18C. Le printemps a bien pris son envol et nous découvrons peu à peu les petits voyageurs de ces vastes contrées.

 

Bon, eh bien, rendez-vous à Bisti De-Na-Zin !

4
Poster un Commentaire

avatar
2 Fils de commentaires
2 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
3 Auteurs du commentaire
jpLilianeVan der Elst Paul Auteurs de commentaires récents
  S’abonner  
plus récent plus ancien Le plus populaire
Notifier de
Van der Elst Paul
Invité
Van der Elst Paul

Apparemment vous etiez seuls au monde dans ces contrées. Peu d’humains, peu d’animaux, quelques oiseaux . Est-ce une impression ou la réalité ?

Liliane
Invité
Liliane

Ah vous me comblez… Vos photos tant couleurs que noir et blanc sont de petites merveilles et aident à comprendre les lieux magiques que vous découvrez dans une certaine solitude…petits veinards. J’adore l’oiseau au ailes bleues…. Merci. et surtout continuez à nous faire découvrir des endroits différents, merveilleux, étranges, surprenants. Bisous de chez nous avec les températures qui jouent au yoyo…