Sur les traces des reptiles géants à El Parque National Toro Toro

 

(Du 11/03 au 14/03/24)

Situé en plein centre de la Bolivie, à environ 135 km au sud de Cochabamba, le Parc National Toro Toro est un petit trésor bien caché.
Depuis Sucre, nous avons pris plein nord la route 5 en passant par les villages d’Alquile, de Misque et de Tarata pour atteindre la vallée parallèle et retourner plein sud vers le village de Torotoro, point d’entrée du parc national.

Nous apprenons que son nom, Toro Toro (parfois en un mot, parfois en deux), vient du Quechua t’Thuru thuru qui signifie la boue en référence à la terre dans laquelle les reptiles géants, c.à.d. les dinosaures ont laissé leurs empreintes. Mais ce nom était si difficilement prononçable par les espagnols qu’il a été transformé en Toro Toro.

En chemin, nous longeons d’immenses cultures de Papayes.

 

 

Une première étape à Alquile, la capitale internationale du Charango, nous fait découvrir un instrument de musique à cordes utilisé surtout dans la région andine, semblable à une petite guitare à cinq cordes doubles et dont la caisse de résonance bombée, aujourd’hui en bois, était réalisée autrefois en coquille de Tatou, sorte de gros rat muni d’une carapace à l’allure quelque peu préhistorique.

 

 

L’église d’Alquile a sa particularité…moderne en son coeur, elle est devancée de deux tours à l’allure de minarets.

 

 

En chemin vers Toro Toro, nous croisons la route de l’ancien pont par lequel passa jadis, Simon Bolivar,  le fameux « El Libertador », et ses troupes.
Dieu merci, il s’agit de l’ancienne route. Je doute que notre machine d’acier s’adapte à ce relief escarpé. Un nouveau pont a été construit à côté, en hauteur.

 

 

Nous continuons à longer le Rio Grande un bon moment. Ce cours d’eau est né de plusieurs branches dans la cordillère de Cochabamba.


 

 

Perdant un peu d’altitude, nous plongeons sur la très ancienne petite ville de Tarata dont le coeur nous séduit d’emblée. Quelques ruelles aux teintes chaudes et aux murs décrépis nous font penser à certains coins d’Italie…

 

 

Souvent, les files électriques sont recouverts d’une végétation qui leur donne l’allure de guirlandes naturelles.


 

 

 

 

 

 

 

La vallée qui nous conduit à Toro Toro a subit visiblement de grosses pluies peu avant notre arrivée. De nombreux éboulements de terrains jonchent la route. Certains n’ont pas encore pu être déblayés. Nous devons parfois slalomer entre les grosses pierres ou suivre un détournement.
Manquerait plus qu’on se prenne un gros rocher en suspens sur la cabosse 👀….

 

 

 

 

 

A l’entrée de Toro Toro, c’est tout un versant de la montagne qui s’est détaché, entraînant sur sa route une maison. Il paraît que cela fait déjà un mois que c’est ainsi. La route est coupée et une petite déviation a été aménagée sur la droite.

En dehors de tous ces éboulements, la route est pour ainsi dire en très bon état, voir même assez récente. Il ne manque plus que des filets sur les flancs pour stopper tous ces effondrements de roches et de terres …

 

Toro Toro : 

Petit village très animée située à 2700 m d’altitude, il a su développer une infrastructure touristique pour accueillir les voyageurs qui viennent de tous les coins du monde : Europe, USA, Australie, Suisse… et j’en passe. Située à 4 h de route de Cochabamba, il est possible d’y accéder en minibus.

 

 

 

 

Créé en 1989 pour protéger l’Ara au front rouge, une espèce de perroquet en voie de disparition, le P.N. Toro Toro abrite de somptueux paysages ainsi que des trésors géologiques et paléontologiques surprenants.
Il fait partie de la partie Est de la Cordillères orientales des Andes. Ces vallées centrales font le pont entre la haute montagne et l’Amazonie.
Notre guide nous apprend que la population de la région de Torotoro est d’origine Charcas et parle principalement quechua. Une population des alentours de Cochabamba, parlant aymara, s’y est également progressivement installée.
Outre l’activité agricole, ici, le tourisme occupe une grande part de la population.

 

Légèrement en surplomb du village, d’immenses formations géologiques dominent la vallée, telle une succession de vagues rocheuses, créées par la mer il y a plusieurs millions d’années.

 

Un droit d’entrée par personne pour 4 jours est à régler à côté du bureau des guides du parc (100 bs/ pers.). En outre, il est impératif de prendre un guide pour pénétrer sur les différents sites proposés.
Nous optons pour une première excursion à la Ciudad de Itas, ville des pierres, située à 21 km du village, à environ 4000 m d’altitude. C’est parti pour une solide grimpette dans le 4×4 de notre guide et de son chauffeur. A mesure de notre progression, on est sacrément bien contents de ne pas avoir tenté l’aventure avec notre propre véhicule !
La longue piste qui nous y mène traverse de petits villages aux milieux des champs et offre des points de vue magnifiques.

 

 

 

 

 

La ville des pierres ou Ciudad des Itas est composée d’impressionnants blocs rocheux d’environ 20 m de hauteur, véritable labyrinthe dissimulant en leurs antres de nombreuses cavernes.
Le trek n’est vraiment pas de tout repos, surtout à cette altitude (4.000 m) : montées et descentes se succèdent, passages caillouteux escarpés et étroits, parfois glissants…

 

 

Là-bas, au loin, deux tortues, comme fossilisées, somnolent paisiblement au soleil…

 

C’est un peu en sueur et le souffle court que nous pénétrons enfin dans l’antre d’une des multiples grottes.

 

 

La cathédrale, une véritable splendeur.

 

 

 

 

 

 

 

Turu Rumi :

 

 

 

 

 

Heureux de notre belle journée, nous redescendons malgré tout avec soulagement vers notre 4×4 qui nous attend pour rejoindre le village (environ 1h30 de pistes). Nous sommes fourbus. Cela faisait un bon moment que nous n’avions pas fait autant d’efforts physiques et nos muscles vont se rappeler longtemps à nous !
Heureusement, demain sera en principe une journée bien plus cool.

 

 

Le lendemain, le réveil est quelque peu douloureux : nos muscles nous tirent la tête; ils nous font la guerre, crient, rugissent mais rien n’y fait : nous avons rendez-vous avec notre guide pour la journée à 8:30 et la côte vers le point de départ n’est pas négociable.

Notre journée sera consacrée à la découverte des empreintes laissées par ces géants d’un autre temps, les Huellas de dinosaurios et el canyon de Vergel. Notre véhicule parqué sur la place de l’église, super bivouac bien paisible pour la nuit, nous remontons la côte vers le bureau des guides.

 

Ici, de grand matin, on est déjà à l’oeuvre : la danse du crochet a commencé.

 

 

Arrivés près des lieux, une petite marche s’impose pour atteindre le site.

D’étranges soulèvements de terre forment de petits monticules par endroit. Au fil des ans, leur croissance se poursuit, lentement mais inexorablement. Un phénomène étrange non expliqué.

 

 

 

Après une marche d’un bon quart d’heure, s’étendent soudain devant nous les empreintes multiples des monstres du Crétacé, certes souvent recouvertes d’un mélange de poussières et de terre. Elles ont été étudiées et reconnues par nombre de chercheurs et d’historiens de différentes parties du monde.

 

 

 

 

Il est difficile de rendre en photos la puissante réalité des traces de ces gigantesques dinosaures, tantôt herbivores, tantôt carnivores mais lorsque l’on se trouve sur les lieux, on ne peut rester insensibles. C’est une évidence, nous sommes là, juste à l’entrée de « Jurassic Park », sur les pas de Steven Spielberg. (Rien à voir avec les lieux de ses films, bien évidemment).

 

Nous reprenons ensuite la route avec le 4×4 qui nous emmène au point de départ du trek de 8 km pour le canyon de Vergel. Le soleil cogne dure, il fait nettement moins froid qu’à 4.000 m ! Le cours d’eau étant plus ou moins asséché, il nous sert de chemin.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous y voilà !

 

 

Pour rentrer, nous longeons le canyon un bon moment,  jusqu’à un magnifique point de vue sur les 900 marches de pierres qui descendent dans les profondeurs du canyon. Inutile de dire qu’on a préféré se contenter de les regarder car si on les descend, faut évidemment… les remonter. Courageux mais pas téméraires.

Voilà, ce sont les deux journées que nous avons sélectionnées parmi différents tours possibles. Pour les amateurs de grottes et de « spéléo », de labyrinthe, de peintures rupestres, de cascades, il y a d’autres balades offertes. Nous avons déjà pas mal donné ailleurs dans ces domaines.
Une bonne journée de repos est accueillie à l’unanimité !

Alors, à bientôt du côté de La Paz !

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Marcel Moens
Marcel Moens
17 jours il y a

Toujours de superbes découvertes et de merveilleuses couleurs, j’adore vous suivre! Moins sportive, petite escapade à Sarrant dimanche où j’ai dégusté un baba au rhum en pensant à vous!

Alain Godefroid
Alain Godefroid
17 jours il y a

Un énorme merci à vous deux de prendre de votre temps pour nous faire partager vos émotions en textes et images. C’est vraiment génial.
Et bravo aussi à votre condition physique car le randonneur que j’ai été sait combien de souffle il faut pour marcher dans la montagne!
¡Buen viaje y ten cuidado!
Besitos

Muriel Van averbeke
Muriel Van averbeke
17 jours il y a

Merci de me faire voyager avec vous grâce à vos superbes photos! Ca donne envie! Je vous trouve vraiment en beauté et en super forme. Le voyage vous réussit! Gros bisous et bonne continuation.

Béné
Béné
17 jours il y a

Magnifique les amis, comme d’habitude. On voyage dans des lieux extraordinaires grâce à vous, quel privilège ! On vous embrasse très fort

rul
rul
17 jours il y a

Ca m’a donné chaud tous ces efforts…..je vais me taper une bière !

Bisous

DD

Antoine
Antoine
17 jours il y a

Magnifiques paysages, effectivement ces traces sont bien étranges…..et l emission taratata se serait elle inspirée de ces lieux si colorés…..si dépaysant…
Merci de nous faire rêver……..

jacques Champagne
jacques Champagne
16 jours il y a

Passionnant! Merci pour le voyage.

DDD
DDD
16 jours il y a

Merci.
Super j’ai rêvé une demi-heure devant mon ordi….
Trop beau.

ALCOL
ALCOL
13 jours il y a

Hello les amis,

Bravo pour tous ces efforts physiques, car il faut bien le dire ces randonnées bien éprouvantes réservées visiblement et probablement aux plus jeunes nous ont impressionné…
Mais bon, quand on aime finalement on a toujours 20 ans…
Merci encore pour ces paysages de Bolivie diversifiés et bien colorés.
Biz à partager.
Colette et Alain

Marc & Geneviève
Marc & Geneviève
11 jours il y a

Merci pour tous ces points d’intérêt que nous avons précieusement notés. Bonne suite.