Bolivie, tes couleurs pétillent – 1. Sud Lipez

(Du 14/11/23 au 17/12/23) –   Puis, retour Belgique jusqu’à mi-février.

 

PARTIE 1 – SUD LIPEZ

Après avoir fait les pleins de carburants à ras bord à la Quiaca, dernière ville d’Argentine, nous nous dirigeons vers Villazón, premier village bolivien.

Le passage de frontière vers la Bolivie est aisé : en trois quart d’heures, tout est « plié ». Seule, une petite file nous ralentit… nous ne sommes évidemment pas les seuls à vouloir traverser.
Durant notre attente, nous suivons un étrange balai incessant de passeurs de marchandises, d’une frontière à l’autre, sur une petite passerelle située en hauteur du poste frontière. Les livreurs courent, un charriot à la main, et reviennent à vide.
Un véritable balais de fourmis, ininterrompu. Pourquoi passent-ils donc au-dessus du poste frontière, sans contrôle préalable ? A ce jour, nous l’ignorons. Un accord a dû être conclu entre les deux pays.

Ce qui nous sautent le plus aux yeux dans le premier village traversé est la vivacité des couleurs, couleurs des tissus qui emmaillotent les jeunes enfants sur le dos de leurs mères, couleurs des tuniques locales, couleurs des rubans, couleurs des aliments…. Nous sommes à milles lieux « d’un ciel si gris qu’un canal s’est pendu » à la Brel : ici, tout est lumière !
Un véritable cocktail de teintes vives qui ravissent nos pupilles émerveillées.

 

 

Notre objectif est d’atteindre la ville de Tupiza afin d’y garer notre véhicule et trouver un guide pour nous emmener faire le grand tour du Sud Lipez en Pic-up 4×4 durant 4 jours . Nous avons en effet appris que les pistes étaient franchement détestables et que certains y laissent même leur pare-choc en cours de route. Pas de nom, ils se reconnaîtront….
Merci ! Le conseil était bien précieux. Question réparations, nous avons eu notre dose ces derniers temps. Pas besoin de chercher l’ambiance.

 

Villazón

Nous atteignons Tupiza en fin de matinée, juste le temps de trouver un guide et de réserver notre expédition. Nous partagerons cette expédition au coeur du Sud Lipez en compagnie de nos amis, Luc et Sabine, du Guide et de sa cuisinière, Jhomayra, qui fait de délicieuses préparations culinaires dans des conditions plutôt précaires comme ces Tamales, sorte de farce variée enveloppées dans des feuilles de maïs.

 

 

Nous visitons la petite ville en pleine effervescence avant l’heure de la sieste.
Tout le monde y fait son shopping et les conducteurs de taxis locaux ne sont pas sans reste.

 

 

 

 

 

Le lendemain à l’aube, sacs de voyages sur le trottoir, nous attendons notre guide, finalement bien ponctuel.
Au départ, nous perdons malheureusement un peu de temps pour aller mettre nos camions en sécurité au parking qui était prévu à cet effet : l’entrée est trop étroite et nos monstres risquent de solides cicatrices sur les flancs. Pas d’autres choix possibles : il nous faut utiliser le camping local.

Enfin ! L’heure du départ à sonné : impatients, nous quittons la capitale de la province de Sud Chichas (Tupiza) située à environ 200 km de Potosi et amorçons une première ascension par le Nord-Lipez en passant non loin d’el Cañon del Inca.

Un magnifique point de vue sur des formation rocheuses de toute beauté.

 

 

Nous traversons un premier petit village où s’élèvent quelques maisons en adobe. L’une d’entre elle est ouverte aux voyageurs, contre rémunération. C’est là que notre cuisinière nous préparent notre repas du midi. Jo a tout emmené avec elle de Tupiza.
Ces villages sont tellement éloignés de tout qu’il leur est impossible de stocker de la nourriture pour les touristes qui passeraient par là.

 

Un petit -kiosko, magasin locale, offre quelques produits alimentaires :

 

 

Plus loin, d’autres formations rocheuses nous gardent un bon moment, le temps d’une ballades au coeur de ces demoiselles coiffées.

 

Le désert du sud Lipez s’étend sur environ 15.000 km2. Il se situe dans la région de Potosi, à la limite avec le nord du Chili et la région d’Atacama.
A plus de 4.000 m d’altitude, les variations de températures entre le jour et la nuit peuvent être très fortes et certains peuvent souffrir de maux de têtes s’ils ne s’y sont pas bien préparés.
Après une acclimatation progressive à l’altitude réalisée bien avant notre départ, nous laissons fondre paisiblement nos feuilles de coca dans la bouche et buvons énormément d’eau. Là-bas, beaucoup de le locaux en suçotent à longueur de journée en accompagnement de leur Maté.

Les paysages défilent, tous aussi beaux les uns que les autres, et tellement variés : d’immenses zones désertiques et minérales succèdent à de nombreuses lagunes multicolores, des geysers et eaux thermales, avec en toile de fond de merveilleuses montagnes enneigées et des volcans qui dépassent souvent les 6000 mètres.
Et là, au coeur de ces sublimes paysages, se côtoient aisément lamas, vigognes, nandous, flamands roses, etc…

 

 

 

Nous nous enfonçons toujours plus au sud ouest, vers la frontière chilienne.

Un ancien village abandonné, situé au pied d’un volcan,  nous garde le temps d’une petite visite au cours de laquelle un jeune garçon nous raconte une longue histoire, sorte de mythe local.
Il y subsistent encore les vestiges de plusieurs églises.

Nous poursuivons la piste pour rejoindre notre premier logement dans un petit hotel local.

Au vue des couches de couvertures et de duvets posées sur le lit, on comprend vite que la nuit sera froide. Quant au chauffage…, il n’a vraiment pas l’air de fonctionner…

 

 

 

 

Le lendemain, nous faisons route vers l’indescriptible Laguna Colorada située à près de 4.300 m d’altitude, une gigantesque étendue, sidérante, si haute en couleurs qu’elle nous laisse-là, sans mot, le souffle coupé devant tant de beauté virginale.
Son eau rouge, issue des pigments de certaines algues bien spécifiques, offre au tableau une vue presque surréaliste.

 

 

Comment ne pas succomber au pouvoir hypnotisant d’un tel spectacle ? Avons-nous atterri au Paradis terrestre ?
Au fond de moi, je le crois…

 

Plus loin, le sol regorge de sorte de geysers (Sol de la Mañana). En réalité, il s’agit de solfatares contenant de la boue en pleine ébullition. L’odeur de souffre qui émane de ces crevasses est vraiment très prononcée.

 

Nous croisons la route d’une autre lagune (le Salar de Chalviri) et faisons route vers le désert de Dali.
Le peintre Salvador Dali ne serait apparemment jamais venu en ces lieux mais ce nom aurait été donné en mémoire d’une de ses oeuvres apparemment très ressemblante. J’avoue ne pas la connaître.

 

C’est proche de ce désert que pointe le volcan Lincancabur au sommet encore enneigé. Il culmine à 5.919m.

 

 

 

 

Cela fait un bon moment que le vent s’est levé. Il est devenu difficile de prendre des photos de ces merveilleuses étendues à partir de notre drone. En outre, le froid s’est intensifié pour nous comme pour la faune locale et, sur la Laguna Kolipa, les flamands roses se rassemblent en un cercle afin de trouver une sorte de refuge à ces bourrasques glaciales.

 

Les nuages d’altitude prennent des formes étonnantes et notre imagination se laisse prendre au jeu d’une soucoupe volante prête à atterrir au coeur de ces contrées majestueuses.

 

La Copa del Mundo (nom donné à cette formation rocheuse d’après notre guide) peut rappeler aux voyageurs, avec beaucoup d’imagination j’avoue, l’unique victoire remportée par la Bolivie lors de la Coupe américaine de football en 1963…
Pourtant, ce n’est pas faute d’entraînement : nous les avons vus se déchaîner comme des lions sur un terrain de football à plus de 4.200 m d’altitude ! Rien qu’à les regarder, j’en avais le souffle coupé. 1 km de marche à cette altitude m’a presque vidée.
Mais, c’est sûr, je ne suis pas tombée dedans lorsque j’étais petite…

 

Ces étranges formations rocheuses auraient pour origine de très anciennes formations volcaniques érodées par le temps ou proviendraient de formations sorties du sol à cause de mouvements géotechniques.

En chemin vers la Laguna Negra, notre guide s’arrête brusquement. Il faut dire qu’il a l’oeil ! Il a repéré deux couples de lamas en plein accouplement en retrait de la piste.

 

 

Laguna Verde 

 

 

 

Ici, nous atteignons l’Anaconda River. Cette dernière, en forme de serpent, semble incontestablement couler des jours heureux au fond de son canyon.

Quant à nous, nourris de tant de beauté, nous restons subjugués par les messages que nous laisse le ciel « lipézien ».

 

 

Une petite halte au village de San Cristóbal s’impose afin d’y déposer un des pneus de notre 4×4 à réparer.

San Cristóbal est une commune minière située au sud-ouest d’Uyuni, située à coté de l’une des plus grandes mines à ciel ouvert au monde.
L’église de San Cristóbal a été déclarée Patrimoine culturel. Elle est une des plus anciennes de l’altiplano bolivien et a bien entendu été restaurée après avoir été déplacée, pierre par pierre, depuis l’ancien site.
Elle était malheureusement fermée. Nous n’avons donc pas pu y découvrir ses peintures et fresques murales datant pour certaines du 17ème siècle.

 

Le 4ème et dernier jour, nous partons découvrir l’impressionnante et inattendue Quebrada de Viluyo.
C’est le temps d’une belle ballade à pied pour nous dérouiller un peu les gambettes.

 

 

 

Sur le retour, nous traversons des paysages aux montagnes colorées. Les points de vue depuis la piste des crêtes sont saisissants, à l’infini.


 

 

Un dernier repas chez l’habitant de ce petit hameau nous attend.

La femme qui nous accueille à sa table à plus de 80 ans. Elle vit seule avec ses chiens dans un endroit où l’hygiène est assez précaire. Mais, notre cuisinière a plus d’un tour dans son sac… Elle avait déjà concocté notre repas dans la cuisine du petit hôtel où nous avions logé la veille. Notre hôte met le couvert et nous offre son refuge. Nous partageons en sa compagnie notre dernier repas de cette échappée belle au coeur du Lipez.

 

A l’intérieur, d’un côté, deux étagères et un comptoir constituent le magasin de première nécessité du hameau. De l’autre côté, se dresse la table sur laquelle nous partageons notre repas.

Dans la cour, des peaux de lama sèchent au soleil et des chiens couchés attendent calmement les restes.

 

Notre évasion de 4 jours au coeur du Lipez se termine ici. La ville est à nos pieds.
Nous jetons un dernier regard furtif en arrière sur les montagnes de l’Altiplano et ses paysages au loin …
Cette expérience restera inoubliable et, nous le savons, gravera à jamais nos mémoires.

 

A bientôt pour la partie 2 sur le salar d’Uyuni !

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19 Commentaires
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rul
rul
2 mois il y a

Ça coupe le souffle tellement c’est beau.

Bises

Lionel
Lionel
2 mois il y a

Splendide !
Bonne contination.

Paul Van der Elst
Paul Van der Elst
2 mois il y a

Bonjour
Bravo pour ce reportage exceptionnel
Je ne comprends rien à votre voyage
Pour moi vous partiez hier ou aujourd’hui et je reçois un reportage d’une semaine
Expliquez moi
Bisous
Paul

Moens Marcel
Moens Marcel
2 mois il y a

Superbe! Et si j’ai bien compris, vivement le soleil et les couleurs! Bon voyage!

Anne
Anne
2 mois il y a

Caroline, cet article, comme les précédents, donne chaque fois plus l’envie dingue de revisiter le tout là-bas, et les photos : WOW!
Merci pour tout ce travail que tu nous offres avec tant de régularité.
Bonne route bolivienne, je vous embrasse.

Annie et Emile
Annie et Emile
2 mois il y a

Epoustouflant ! Je ne trouve pas les mots… Ces couleurs, ce soleil et vous deux ! On vous embrasse depuis notre Provence ensoleillée. Bonne continuation

Antoine JP CL
Antoine JP CL
2 mois il y a

C est tout simplement magnifique, quel dépaysement en quelques jours …..adieu la grisaille et bonjour les couleurs et les paysages incroyables…

ALCOL
ALCOL
2 mois il y a

Hello les amis,

Magnifique, superbe, époustouflant…
Nous n’avons pas assez de mot pour décrire tant de beauté…
Bravo et merci de vous retrouver grâce à ces carnets de voyage si précieux.
Biz à partager
Colette et Alain

Marc & Geneviève
Marc & Geneviève
2 mois il y a

Et bien en voilà une belle sortie avec l’origine du Grand masturbateur de Dali et une partouze de lamas !!! Que d’excitations… Merci de nous faire rêver en pensant à nos prochaines années de voyage (:-)) D’ailleurs, tu pourrais nous donner les coordonnées du guide pour qu’on les note ??? Merci

Marc & Geneviève
Marc & Geneviève
2 mois il y a
Répondre à  caroline

On récupère le camion à Halifax le 6 mai. En théorie…

Fiona
Fiona
1 mois il y a

Quiet simply extraordinary