Argentine : envol pour les chutes d’Iguazú

 

(Du 21/06 au 11/07/23)

De retour au pays, c’est avec joie que nous récupérons notre véhicule non loin de l’aéroport de Buenos Aires (Ezeiza).
Il a fait froid durant les nuits en notre absence et nous avons oublié d’utiliser le réservoir pourvu d’antigel sur les derniers km…
Le diesel s’est donc figé dans le petit tuyau d’alimentation. Heureusement, un bon sèche-cheveux a fait l’affaire : une demie heure en direction du tuyau et le moteur a retrouvé enfin de quoi le sustenter.

Pour rejoindre les chutes d’Iguazú depuis Buenos Aires, nous empruntons la longue bande étroite, située entre le Paraguay et l’Uruguay, puis entre le Paraguay et le Brésil. Il nous faut traverser trois provinces : Entre Rios, Corrientes et Misiones.
Ce ne sont pas, pour nous, les plus intéressantes mais étonnantes toutefois à certains niveaux.

Dans la province de Buenos Aires, nous convenons de retrouver nos amis argentins, Adriana et Dario à Tomas Jofre, non loin de Mercedès. Autrefois village agricole, relié à la capitale par un chemin de fer pour acheminer ses produits, il a du complètement se réinventer à la fermeture de ce dernier.
A seulement une heure de Buenos Aires, nous découvrons un village de campagne à vocation « gastronomique »…
Assados gigantesques avec des rôtis à la broche, picadas délicieuses, charcuteries élaborées avec la recette héritée de génération en génération, pâtes maison et desserts multiples. Nous n’appellerons pas cela de la gastronomie en nos contrées européennes, mais ici, pour des argentins mangeurs de viande, c’est certainement le paradis terrestre. Nous avons trouvé la viande et les cochonnailles absolument délicieuses.

 

 

En parcourant les rues en terre battue, l’architecture ancienne des maisons en briques, les patios clôturés et le vert qu’offre la campagne dans sa pureté totale offrent un véritable saut dans le passé.

 

Avant de nous rendre à Tomas Jofre, la curiosité nous pousse à faire escale à la capitale de la foi, située à Luján.
La basilique Notre-Dame de Luján, de style néogothique voit arriver ses visiteurs de loin avec ses tours de 106 m de hauteur. Construite par un architecte français, Uldéric Courtois, entre 1889 et 1937, elle est devenue un lieu de pèlerinage important en Argentine, visité par plus de 6 millions de personnes. Dieu merci, il n’y avait pas un chat lorsque nous y sommes passés, excepté les vendeurs ambulants de « bondieuseries » en tout genre.  Et un sympathique petit marché de producteurs de miel et dérivés.

 

 

 

 

Ensuite, nous avons fait route le long de la frontière uruguayenne en longeant le Rio Uruguay, avec un petit arrêt à Gualeguaychu et Conception de Uruguay où nous avons passé la nuit au bord du fleuve. C’est un endroit très vert et très animé où les argentins viennent prendre du bon temps le long de cette immense promenade et des plages de sable aménagées.

Un petit arrêt dans le P.N. El Palmar marquera notre première rencontre avec des Capybaras, ces énormes rongeurs pouvant mesurer à l’âge adulte plus d’1m et peser plus de 50 kg.
Ce n’est pas un parc foncièrement intéressant en soi mais il était sur notre route alors on s’y est arrêté et nous y avons passé une nuit.

 

 

 

 

Parc National Ibera :

Nous quittons l’Entre Rios pour atteindre la province de Corrientes et le Parc National Ibera que nous longeons par la piste à l’est (en partie macadamisée) pour atteindre un des points d’entrée du parc : Colonia Carlos Pellegrini.

D’une superficie de près de 1400 km2, ce parc protège une partie des zones humides d’Ibera et des prairies, savanes et forêts adjacentes. Après le Pantanal brésilien, ces étangs forment la deuxième plus grande zone humide d’Amérique du Sud disposant d’un écosystème tropical extrêmement riche et diversifié.
Encore une fois, le destin de ce territoire est étroitement lié, comme beaucoup de Parc en Argentine et au Chili, au couple Douglas et Kristine Tompkins qui a consacré leur fortune (réalisée avec les marques North Face, Esprit et Patagonia) à la conservation de la nature.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces étendues immenses constituent un refuge de choix pour une variété incroyables d’oiseaux et autres animaux.
Le jaguar y a même été réintroduit ainsi que le grand tamanoir. Nous n’avons toutefois pas encore eu la chance de pouvoir les observer.

 

Un tout petit oiseau avec une si longue plume (non, ce n’est pas une ombre, c’est bien sa plume ).

 

Lorsque le soir tombe, le silence plane sur ces immenses étendues humides. L’activité des oiseaux, cherchant à maintenir leur territoire ou à attirer un(e) partenaire, s’interrompt soudainement. Mais, nous savons qu’il ne s’agit que d’une trêve momentanée; Leurs chants reprendront vigueur aux prochaines lueurs de l’aube.

 

Nous longeons le fleuve Paraná qui sépare l’Argentine du Paraguay en passant par différentes petites villes.
Une halte à Posadas nous garde une journée et une nuit.
Une promenade de plusieurs km est aménagée le long du fleuve où marcheurs, cyclistes et joggeurs viennent prendre l’air en fin d’après-midi et boire leur traditionnel Maté. Bars et restaurants égayent les alentours. L’endroit est plutôt agréable et sympathique.

 

 

Une imposante structure en acier inoxydable de 17 m de haut en l’honneur du général indien Andresito Guacurari trône majestueusement non loin du pont qui sert de passage entre les deux pays. Réalisée par l’artiste Gerónimo Rodriguez, son histoire connait différentes versions.
Mais, aucun envie de m’étendre là-dessus ! Une chose est sûre, elle semble enveloppée d’un mélange de mysticisme et de crédulité, d’héroïsme et d’intrigue et, de passion et de mystères…

 

 

 

 

Nous décidons de dévier de notre route afin aller voir les fameux Saltos de Moconá, une cascade d’environ 3km de long en bordure de la frontière brésilienne. En chemin, nous traversons d’immenses cultures de feuilles de maté ainsi que leurs transporteurs, prêts à crouler sous le poids de leur cargaison.

 

La culture du manioc est également très répandue. Elle est utilisée sous forme de farine.
Quant aux bananiers, ils ne manquent pas. Leurs petits fruits ont un goût puissant et savoureux que nous ne connaissons absolument pas dans nos contrées européennes.

 

Lors de la traversée de quelques villages aborigènes (Guaranis), nous faisons une petite halte dans l’un d’entre eux qui propose quelques petits animaux sculptés sur bois tout simples. Une façon juste de les approcher, de leur parler un peu.

 

Arrivés au Parc menant aux Saltos de Moconá, la seule façon de pouvoir voir les chutes est par bateau. Alors, c’est parti, on embarque !
Malheureusement, le fleuve est tellement chargé d’eau et les eaux sont si hautes que le Salto ne nous impressionne pas tant que nous l’aurions imaginé. Pourtant, durant certaines périodes de l’année, l’endroit semble vraiment surprenant, du moins sur photos. C’est clair, on ne doit pas être venus au bon moment.
Qu’importe, les exceptionnelles chutes d’Iguazú se rapprochent à grands pas !

 

 

Avant de nous diriger vers Puerto de Iguazú, nous faisons une halte à la Mission San Ignacio dont quelques pans sont encore relativement bien conservés. Fondée par le père Roque González de Santa Cruz au début du 17ème siècle, elle avait pour but de procéder à l’évangélisation et l’éducation des populations autochtones Guaranis, grâce à un travail d’approche réussi par la création d’une école musicale.
Nous voilà soudainement projetés en arrière, en 1986, année de sortie du fameux film historique « Mission » (avec Robert de Niro, Liam Neeson, Jeremy Irons…), qui met en scène le terrible drame de conscience que vécurent les Jésuites aux 18ème siècle lorsqu’ils furent obligés d’abandonner leurs missions auprès des Guaranis. C’est là que, contraints et forcés par l’armée portugaise venue appliquer les accords, signés en Europe, de partage des terres entre Espagnols et Portugais, certains résistèrent mais en vain…
La séquence d’ouverture du film sur les chutes d’Iguazú et la musique d’Ennio Morricone resurgissent du fin fond de notre mémoire !

 

Ce site est immense. La végétation a déjà bien retrouvé ses droits, même s’il s’agit ici d’un des sites les mieux préservés.

 

 

 

Si nous avons fermé les yeux quelques instants pour nous replonger dans le film épique de Roland Joffé, c’est l’heure de reprendre la route afin d’aller voir, en réalité, ces immenses chutes qui ont marqué définitivement l’ouverture de ce film.
Allez, on vous y emmène !

 

 

A Puerto Iguazú se trouve le point d’intersection des trois frontières : Argentine, Paraguay et Brésil

Le pont qui relie l’Argentine au Paraguay depuis Puerto de Iguazú est toujours en cours de construction.
Dès lors, pour passer au Paraguay depuis la province de Misiones en Argentine, les deux seules possibilités sont soit de traverser la frontière à la hauteur de Posadas, soit de passer au Brésil depuis Puerto de Iguazú à Foz de Iguazu pour passer ensuite la frontière Paraguayenne à Ciudad del Este. J’vous dis pas le monde au passage de frontière vers le Brésil… Une file de plus de 2 km de long.
Dieu merci, les camions et motorhomes ne doivent pas emprunter la même file que celles des voitures.
On a évité de peu le passage de frontière de nuit 😅

Le Parc National de Iguazú se trouve à une dizaine de km de la ville. La construction des immenses passerelles permettant de se rapprocher des chutes tant par le haut que par le bas est impressionnante. Un travail pharaonique. Nous avons marché quelques 12km en tout sur le site, en dehors du petit train qui mène à un premier point central du parc.
Un tel spectacle, cela se mérite !!!

 

 

Alors qu’un coati se promène nonchalamment sur la rampe d’une des passerelles,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Iguazu1 (Vidéo 1)

Pour les vidéos, cliquez sur le lien qui apparaîtra en-dessous de la barre de votre ordinateur et ensuite, cliquez en-dessous.
Je n’ai pas encore trouvé le chemin direct…

 

 

Un toucan surveille d’un oeil un jeune Mono cai intrigué.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Iguazu2 (video 2)

 

 

Iguazu3 (video 3)

Iguazu Coati (video 4)

Iguazu4

 

 

Le site des chutes d’Iguazú est le plus visité d’Argentine. Inutile de vous dire qu’on a dû s’armer de temps à autre de patience pour avoir accès aux points de vue imprenables.

Les deux régions de cette longue partie étroite de l’Argentine vers le Brésil ne feront pas partie de nos coups de coeur.
Leur culture et leurs traditions sont pourtant bien spécifiques et bien développées. Elle restera plus étape pour rejoindre les extraordinaires chutes d’Iguazú et le Brésil

Alors, à bientôt au Brésil !

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Malou Gillessen
Malou Gillessen
1 mois il y a

À nouveau un magnifique reportage avec de sublimes photos.
Belle continuation à vous deux.
Bisous de Malou et Waldemar

marie
marie
1 mois il y a

Merci de nous partager tant de belles choses. Bisous à vous 2!

Paul Van der Elst
Paul Van der Elst
1 mois il y a

J’ai adoré les photos sublimes
J’ai un peu de réserve concernant Iguazu.
En 1970 j’ai vu les chutes du Zambèze en Afrique.
Elles m’ont plus impressionné.
Bravo pour ce reportage extrêmement intéressant, continuez comme cela au Brésil

Anne
Anne
1 mois il y a

Beau reportage qui me rappelle de bons souvenirs !
Ouf, vous avez pu aller jusqu’à la Garganta del diablo, c’est assez impressionnant là-haut. J’avais lu, récemment dans La Nacion, qu’à cause du trop grand débit d’eau ces passerelles-là étaient inaccessibles. Mais super, vous n’étiez pas à Iguazu à ce moment-là.
Bonne découverte du Brésil !

Annie nivert
Annie nivert
1 mois il y a

Merci pour ce magnifique reportage qui me fait voyager. C’est passionnant et tu es rayonnante.
Annie Georgy

Michel Visse
Michel Visse
1 mois il y a

Très chouette reportage. Pas pris un gros zodiac pour aller au bas des chutes?

rul
rul
1 mois il y a

Ravis d’avoir de vos bonnes nouvelles !

Super intéressant !

Bisous

Moens Marcel
Moens Marcel
1 mois il y a

Que d’étoiles dans les yeux et de viandes dans l’estomac. J’adore!

VAN DE PUT GERALD
VAN DE PUT GERALD
1 mois il y a

Caroline,
Vous suivre est passionnant, merci Caroline, merci Jean-Pierre de nous faire participer à cette extraordinaire aventure..
Sur le site de WordPress, je ne suis pas parvenu à faire enregistrer ma nouvelle adresse e-mail : jerry.vandeput@gmail.com.
Il ne faut plus adresser vos envois à : jerry.vandeput@scarlet.be.
Merci de faire le nécessaire, je suis désolé de vous ennuyer avec ça !
Jerry

ALCOL
ALCOL
1 mois il y a

Hello les amis,

Merci encore pour ce nouveau carnet de voyages.
La faune et les chutes d’Iguazù sont magnifiques.
Dans l’attente du plaisir de recevoir de vos nouvelles du Brésil…

Bises à partager de l’île de Ré
Colette et Alain

Béné
Béné
1 mois il y a

Je ne me lasse pas de vos magnifiques reportages et photos. Que du bonheur de vous lire et relire à chaque fois. Merci pour ces fabuleux partages. Profitez un max les amis. Bizzzz de nous deux