Argentine : El Balcon de Pissis & Passo San Francisco

 

(Du 31/03/23 au 02/04/23)

 

Nous venons de quitter Vinchina au petit matin avec toutes les couleurs de la montée vers Laguna Brava encore lovées dans nos pupilles. La Cordillère des Andes, aussi sauvage et désertique soit-elle, cache en son antre des paysages qui ne cessent de nous couper le souffle et de nous transporter dans une autre dimension. Nulles montagnes foulées jusqu’alors, tant en Europe qu’aux Canada et aux USA, ne nous ont délivré une telle puissance, un tel message.

 

En empruntant la Ruta 40 de Villa Unión vers Chilecito, nous traversons la Cuesta de Miranda, une route très sinueuse en excellent état.

 

Cette traversée nous fait découvrir un paysage de vallées et de montagnes à la teinte rougeâtre qui contraste joliment avec le vert profond de la végétation qui y pousse.

 

 

Chilecito est la deuxième ville la plus importante de la Rioja. Petite bourgade d’environ 34.000 habitants, elle garde en son centre l’allure d’un gros village. Il s’agit aussi de la plus importante région viticole de la province qui abrite 80% des vignobles.

Sur les hauteurs de Chilecito, nous prenons le temps d’aller voir une portion basse de l’ancienne mine aurifère « La Mejicana » dont le coeur, situé sur la montagne Famatina à près de 4.600 m d’altitude, a cessé de battre en 1926.
Son nom lui vient du fait qu’elle fut découverte autrefois par un Mexicain.

Depuis la station n°2, nous suivons des yeux le cortège majestueux des pylônes du téléphérique, vêtus d’orange oxydé, qui un siècle plus tard pointent encore un regard fier vers le ciel en souvenir d’un passé glorieux.
Ce travail de construction, débuté en 1903 par une société allemande (Bleichert & Co), sous exploitation anglaise fut
pharaonique :

  • 36 km s’étirent en ligne droite depuis 1.100 m d’altitude à Chilecito jusqu’à près de 5.000 mètres dans les hauteurs de Famatina.
  • 262 tours et 9 stations jalonnent la montagne.
  • 1600 personnes travaillèrent à sa construction et, 90 ânes et 600 mulets servaient de moyens de transport pour atteindre 1.000 bêtes de somme dans la dernière phase de la construction.

 

Un trek est possible jusqu’à son sommet avec un guide. Nous ne l’avons pas fait… Nous avions d’autres projets.

 

 

Nous quittons ces lieux d’un autre temps pour faire route vers Tinogasta, puis Fiambalá, point de départ vers la passe San Francisco qui mène au Chili. Nous la savons temporairement fermée mais notre but cette fois n’est pas de quitter l’Argentine.
Nous souhaitons simplement prendre le temps de la parcourir car nous savons qu’il n’y a pas deux passes les mêmes dans Cordillère et ces espaces au sommet des Andes nous aimantent et nous subjuguent.

 

 

A l’entrée de Fiambala, deux statues géantes d’indiens nous accueillent.
Au loin, nous apercevons déjà les immenses dunes de sable où l’on peut s’adonner à la glisse.
Le temps d’une petite halte sur la place du village, nous décidons d’aller voir les termes de Fiambala. Mais, nous rebrousserons toutefois chemin. Il semblerait qu’ils soient blindés de monde…et les tickets d’entrée étaient à prendre à l’Office du tourisme sur la place.

Nous empruntons donc la Ruta 60 vers El Passo San Francisco. Il fait très chaud et nous sommes contents de prendre de l’altitude. Nous nous posons fin d’après-midi à 3.300 m, au refuge situé juste en face de la piste qui monte vers la mine et surtout, vers El Balcon de Pissis, un endroit que nous ne voulons absolument pas manquer. Une petite acclimatation à
cette altitude ne nous fera que du bien.
Un nettoyage du filtre à air avant la montée en altitude donnera un meilleur rendement à notre monture. Nous basculerons la cabine avant pour ce faire.
Un mulet, très intéressé par notre présence dans cette zone quasi inhabitée, ne nous quittera plus de la soirée. Voilà quoi faire de nos carottes plus de première fraicheur !

 

 

Au petit matin, nous amorçons la montée par la piste. Nous savons que nous passerons partout sans encombre car d’énormes camions y montent tous les jours pour se rendre à la mine.

 

Ce qui suit restera sans commentaire, prenez un grand écran (oubliez votre gsm).
Pénétrez à pas feutrés dans l’image et marchez lentement au coeur de cette immensité.
Laissez-vous transporter au sommet du monde, libérez-vous de tout.
Nous n’en sommes pas revenus les mêmes…

 

 

 

 

 

 

 

Laguna Azul

 

 

Salar Tres Quebradas

 

 

 

 

Au retour, en redescendant des Balcon de Pissis, des argentins appellent à l’aide : un de leur véhicule 4×4 qui s’est trop rapproché du premier salar et de sa lagune s’est embourbé. Les deux autres véhicules ne parviennent pas à l’en sortir. Il est déjà tard et tous les guides qui emmènent les visiteurs sur les lieux sont déjà partis…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Méfiants, nous nous approchons doucement, en restant le plus loin possible de la lagune. Notre camion est trop lourd et ne voulons pas connaître leur sort. C’est sûr, nous serions tous condamnés à y passer la nuit par un froid glacial.
Nous avons deux grandes sangles de remorquage que nous attachons ensemble et nous y ajoutons celle des argentins. C’est pile poil la longueur nécessaire pour garder nos distances et ne pas prendre de risque. Une bonne marche arrière de quelques mètres et les voilà sortis d’embarras.

Ils viennent de Mar del Platta, située en dessous de Buenos Aires sur la côte Atlantique. Leur soulagement est grand et nous sommes heureux d’avoir pris tout notre temps au Balcon des Pissis, sans cela leur nuit aurait été un enfer glacé. Ils nous remercient chaleureusement, avec une caisse entière de la spécialité de leur coin, une sorte de petit cake au caramel beurre salé.
Nous les quittons après un bon moment sans savoir que nous les retrouverons plus loin.
Le temps commence à fraichir et il est temps d’amorcer notre descente jusqu’à notre bivouac à 3.600m, en direction d’ El Passo San Francisco.

 

Vue depuis notre bivouac

 

Le lendemain matin, nous amorçons la montée vers le sommet de la Passe.

La frontière apparaît juste devant nous. Nous la savons fermée. Peu importe. Nous reviendrons.

 

 

Nous quittons ces lieux d’une incroyable beauté en sachant tout au fond de nous que nous y reviendrons, à une autre saison.
Ce fut un coup de coeur certain et nos jeunes vigognes auront sans nul doute bien grandi.

La route vers le désert de Catamarca est encore longue et le retour en Belgique approche à grands pas.

A la prochaine !

 

 

 

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Marcel Moens
Marcel Moens
1 année il y a

Que de belles images, avec carottes et coup de main! Patience, c’est pour bientôt!

ALCOL
ALCOL
1 année il y a

Hello les amis,

Grandiose, éblouissant, magnifique : les mots nous manquent pour décrire de tels
paysages…
Encore merci et bravo pour ces merveilleuses photos et ces textes si précis et concis.
J-2 = Nos bons voeux vous accompagnent pour votre prochain et nouveau périple.
D’ores et déjà nous avons hâte de vous lire.
Bises à partager
Colette et Alain

marie
marie
1 année il y a

Des couleurs hallucinantes! Merci de partager tout cela avec nous. On attend déjà les prochains posts avec impatience. Bisous et bonne poursuite d’aventure!

rul
rul
1 année il y a

TROP BELLES LES IMAGES…….ouf

Malou Gillessen
Malou Gillessen
1 année il y a

Cela nous fait bien rêver. C’est magnifique

Martine
Martine
1 année il y a

A défaut de pouvoir entreprendre un tel voyage, à vous lire on a plein d’étoiles dans les yeux et on se dit que la terre regorge de beautés et de mystères.

Anne
Anne
1 année il y a

A nouveau un super article, un vrai bonheur pour les yeux !
Tous plus beaux les uns que les autres, si bien documentés et aux sublimes photos, ils donnent l’envie folle d’aller découvrir ces incroyables immensités. 
A bientôt la joie de découvrir le prochain article. Déjà merci, me doutant du travail que sa rédaction suppose.
Anne