Argentine : Désert de Catamarca (partie sud)

(Du 3/04 au 8/04/23)

 

Sur la route vers El Peñon, nous nous arrêtons à Belén pour y faire quelques provisions avant de nous aventurer sur les pistes du désert de Catamarca et la Sierra de Calalaste.
Les rues de la ville sont étroites et les arbres qui lui apportent ombre et fraîcheur n’ont plus été taillés depuis belle lurette. Il est trop tard, on s’y est engagé. Impossible de faire marche arrière… Encore quelques belles cicatrices en perspective à la peinture de notre monture. Mais, on n’en est plus à une près.

On apprend que Belén est très réputée pour ses ponchos, fabriqués à partir de la laine de Lamas, de vigognes et de moutons.
L’envie nous prend d’aller rendre visite à une des petites fabriques artisanales de la ville où l’on peut y apprendre le métier.
Non pas que nous ayons une idée de reconversion derrière la tête, les vigognes ne courent pas vraiment les vallées sous nos latitudes, mais disons que la curiosité nous titille.
L’accueil y est charmant.
Les métiers à tisser sont encore tous manuels, à la force des bras, et le fil de laine passe d’un côté à l’autre du métier à tisser par un lancé de balle de laine après chaque passage de la latte en bois.
Nous admirons ce travail d’un autre temps où des mains usées mais toujours expérimentées s’agitent sans relâche à filer et tisser la laine de Dame Nature.

 

La grande douceur de la laine de vigogne n’a échappé à personne et, encore moins au chat de la maison… Je m’en ferais bien un nid douillet aussi.

 

 

Il faudrait entre six et huit vigognes pour fournir la laine nécessaire à la fabrication d’un pull.
La laine de vigogne serait la plus chère au monde.
Plus petite que le Lama aux oreilles en banane, que l’Alpagua au pelage à la fois doux et dense, que le Guanaco à la toison moins épaisse et grand voyageur, la Vigogne vit dans les plus hautes régions de l’Altiplano.
Le Lama et l’Alpaga sont domestiqués tandis que la Vigogne (tête claire) et le Guanaco (tête plus foncée) demeurent libres, sauvages. La récupération de leur laine exige une technique assez incroyable de capture momentanée des vigognes.

 

Belén possède également un musée archéologique remarquable présentant des pièces des principales cultures aborigènes de la région de plus de 2.300 ans, découvertes à Cóndor Huasi, Aguada, Belén et Santamaria.

 

Tout proche de Belén, à environ 15 km se trouve la petite ville de Londres, proche du site Inca, les Ruines de Shinkal.
Nous l’avons visité avec des amis français que nous avons retrouvés là-bas totalement par hasard. L’endroit était intéressant mais j’avoue qu’il faut une sacrée dose d’imagination pour se représenter comment étaient aménagés autrefois les places, la vie et les centres cérémoniels…
Ca y est, c’est l’heure de l’apéro ! Nous partageons une chouette soirée à six, avec leurs deux enfants.

 


Autrefois, ce site était l’une des villes les plus importantes, le chef provincial (Guamini) de Tahuantinsuyo (Etat Inca) entre les années 1380 et 1600.

Quant à Londres, elle aurait été l’une des premières villes fondées sur le territoire de Catamarca, en 1558.

Après avoir bivouaqués près d’un centre sportif, nous prenons la route pour El Peñon, soit 199 km.
La piste 43 qui y mène et part à gauche, juste après Las Juntas, est en travaux et certaines portions, toujours en terre battue, sont glissantes car elles ont été trempées par un orage la veille. Cela ralentit quelque peu notre ascension mais ne nous arrête pas pour autant.

 

 

El Peñon :

El Peñon, c’est un petit village en terre battue, point de départ de différentes excursions dans le désert de Catamarca et vers Antofagasta de la Sierra.
La plupart des maisons sont encore en adobe, briques de terre.

Aux heures chaudes (tout est relatif à cette altitude de 3.400m), entre 13h et 16h, les rues du village sont désertes. Tout semble abandonné aux quelques chiens et un magnifique perroquet qui font le guet aux abords des maisons.

 

 

A la sortie de l’école, la place de l’église devient soudainement le lieu de rassemblement et de divertissement des villageois avant la tombée du soir.

 

Nous y faisons la connaissance de deux familles d’Argentins de Buenos Aires, venues passer un long week-end dans la région et faire une excursion dans le désert de Catamarca. Ils nous conseillent de faire appel à Nelson, un guide expérimenté originaire du village.
La piste qui mène à Campo de Piedra Pomez est en partie trop étroite pour la largeur de nos essieux et recouverte de pierres de lave. Nous ne voulons pas prendre le risque de déchirer nos pneus.
Top là, Nelson nous y emmènera demain avec son 4×4.

Le lendemain, une magnifique journée de 8 h s’écoule à la découverte du volcan Calachi Pampa et de sa lagune, du Volcan Negrito, du fameux Campo de Piedra Pomez et enfin, de la merveilleuse et grandiose Duna Blanca, une dune qui m’a littéralement subjuguée…
Nelson a tout prévu pour nourrir nos estomacs affamés : un somptueux pique-nique au coeur de ces étendues contrastées, quasi seuls au monde, se transforme en un vrai festin de roi !

 

 

 

 

Piedra Pomez :

Zone naturelle protégée depuis 2012 sur plus de 75.000 hectares, cet endroit est fascinant, d’une beauté unique : sous nos yeux s’étend à perte de vue une véritable mer de blocs de pierres ponces, allant du blanc au rose en passant parfois par le gris.
Sa morphologie actuelle s’explique par des millénaires de processus d’érosion.
Cette accumulation de pierres ponces remonte à plusieurs millions d’années lors de l’éruption du volcan Blanco ou Robledo.
On y trouve certaines des plus grandes pierres ponces du monde, atteignant plusieurs mètres de haut.

 

 

 

La duna Blanca :

 

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(Ceci est encore à l’état de test…Cliquer sur le lien ci-dessus. Un fichier se téléchargera sur votre ordinateur sur la barre du bas. cliquer sur ce fichier, la video apparaîtra. On travaille pour parvenir à avoir des vidéos avec des liens directs dans l’article 😉).

 

Le second jour, Nelson nous a donné rendez-vous de bonne heure. La journée prévue va être longue. Au programme :

Volcan Antofagasta, Canyon Réal Grande, Volcan Galán avec sa Laguna Diamante et sa Laguna Pavejon, puis la superbe Laguna Grande pour clore un tour de 9h.
Impossible à réaliser en camion; nous ne passons pas dans le canyon et la descente au coeur du volcan Galán se fait par une piste de sable extrêmement raide.

En route, c’est parti !

 

 

 

 

 

Après une longue traversée, atteignant les 5.000m d’altitude, nous apercevons enfin une partie du coeur de l’énorme caldeira Cerro Galán, laquelle s’étend à une altitude moyenne de 4.500 m.
Un petit lac apparaît, formé par les eaux de ruissellements du Cerro Galán et des versants avoisinant. C’est la Laguna Diamante.

 

Ce massif volcanique à sommets multiples est encore actif mais endormi, heureusement pour nous ! Son point culminant atteint 5.912m. Il couvrirait 35 km du nord au sud et 18 km d’est en ouest, si j’ai bonne mémoire.
Une petite lagune salée d’environ 500m de diamètre est souvent fréquentée par les flamands roses. On l’appelle la Lagunita Escondida.

Devant un tel spectacle, nous en avons le souffle coupé… déjà bien court étant donné l’altitude !

 

 

 

Au coeur de la Caldeira, le vent se met brusquement à souffler, de plus en plus fort. Il est froid, cinglant. Même chaudement habillés, son souffle nous frigorifie. Nous sommes obligés d’écourter notre pique-nique aux abords des geysers. Des flocons de neige commencent à virevolter ça et là.
Nous décidons de reprendre la piste en direction de la Laguna Grande.

Quand soudain, le ciel, chargé jusqu’alors de petits cristaux gelés, se déchire. Un halo lumineux transperce les nuages.
Tout là haut, au-dessus de nos têtes de simples mortels, on pourrait croire que les Dieux, maîtres sur terre, se querellent.
Mais, la déesse Athéna veille… Son intelligence et son habilité semblent avoir gain de cause : un spectacle grandiose aux teintes dorées sur la Laguna Grande que nous venons d’atteindre s’offre à nous.

Merci, merci à la déesse de la Sagesse pour ce cadeau inattendu !

 

 

 

 

 

 

Nous quittons le désert de Catamarca en se promettant d’y revenir afin d’explorer cette fois sa partie nord.

L’heure de rentrer au pays approche et nous devons encore repasser par Mendoza pour récupérer une bouteille d’oxygène que nous avions commandée en vue de parcourir les sommets du Pérou et de la Bolivie mieux « armés » en cas de problème.
Notre camion dormira deux mois près de l’aéroport d’Eizeza, à Buenos Aires.

Sur la route du retour, nous visitons la charmante petite ville de San Antonia de Areco située à 120 km de Buenos Aires.
Nous y passons la journée et la nuit et en profitons pour visiter l’exposition de Florencio Molina Campos, assez amusante et très représentative de la vie des Gauchos en Argentine. Les photos sont malheureusement interdites.

 

*******

A l’heure où je termine cet article, nous venons de rentrer à nouveau en Argentine. Je mets enfin un terme à mon retard que j’espère ne plus accumuler.

Nous faisons route vers les chutes d’Iguazú.
Entre Rios et  Missiones sont les deux régions que nous traverserons avant d’atteindre la frontière brésilienne.

Alors, Hasta Luego !

 

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Marcel Moens
Marcel Moens
9 mois il y a

C’est vrai, c’est à couper le souffle, en ce compris les ponchos, pas faciles à porter chez nous. Merci pour le partage!

Anne
Anne
9 mois il y a

Je savais cette région fort belle, mais pas à tel point ! En plus, ces extraordinaires nuages, les paisibles villages éloignés de tout, des artisans qui font des merveilles, et j’en passe. Le tout est absolument envoûtant !

ALCOL
ALCOL
9 mois il y a

Hello les amis,
Merci pour ce dernier carnet de voyages en Argentine…Tout est magnifique et somptueux.
Mais finalement on doit se sentir quand même tout petit face à cet environnement si déconcertant…
Nous espérons que tout se passe pour le mieux au Brésil…
Biz à partager.
Colette et Alain

Annie Vander Elst
Annie Vander Elst
9 mois il y a

Quel plaisir de vous retrouver dans de nouvelles découvertes et tellement rayonnants ! Nous continuons à vous suivre, vous nous faites rêver ! Bises Emile et Annie