La Gaspésie

Chers Amis et Lecteurs assidus de notre Aventure 😁😉,

 

Après un long moment de silence, nous voilà enfin de retour sur le site Epicureman.

Depuis le dernier article sur le New-Brunswick, il faut vous dire que nous avons profité pleinement de la présence de deux de nos enfants et beaux-enfants qui sont venus nous retrouver au Canada au mois d’août ainsi que de plusieurs belles rencontres canadiennes, suivies d’invitations amicales reçues en cours de route.

 

Mais, commençons par le début :

Nous sommes arrivés en Gaspésie par la Baie des Chaleurs, un nom assez inattendu, il faut bien le dire, pour un pays qui n’a, en soi, vraiment rien de tropical… J’ai donc jouer au pt’it Sherlock, ce qui ne fut pas bien compliqué ! Ce nom lui fut donné, en juillet 1534, par l’explorateur et navigateur, Jacques Cartier, qui baptisa cette magnifique baie de la sorte en raison de la brume environnante qui lui fit penser à … de la vapeur d’eau chaud.

Découverte de la Baie des Chaleurs par Jacques Cartier en 1534

 

 

 

 

 

 

Je peux vous assurer qu’en cet été 2018, soit 6 siècles plus tard, il y fait une chaleur écrasante et que la fraîcheur de la mer est un pur délice.

D’après les canadiens, nous bénéficions d’un été exceptionnellement beau et chaud.

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons  également découvert les fameuses brumes environnantes, mais savons bien que ces dernières n’ont rien à voir avec la chaleur de son océan…

 

 

 

A la recherche d’un endroit pour manger et attirés par le grand clocher argenté d’une église au loin, nous pénétrons par hasard dans un petit village, appelé Listuguj, où se déroule, sans que nous le sachions, une fête Pow-Wow de la Communauté des Micmacs.

 

Capteur de rêves amérindien

 

Il s’agit, en réalité, d’un grand rassemblement des premières nations d’Amérique du Nord. Elles s’y retrouvent pour faire vivre et partager leur héritage culturel. Les danses, la musique et les chants traditionnels sont à l’honneur durant parfois plusieurs jours.
On peut y goûter à la cuisine autochtone, l’art et l’artisanat traditionnel. La cuisine autochtone ne nous a pas vraiment inspirée, mais la fête était haute en couleurs et les vêtements traditionnels, magnifiques. Les meilleures stylistes du monde, pour un film sur les tribus indiennes, n’auraient vraiment pas fait mieux !
Les chants indiens étaient puissants et le rythme des Tam Tam invitait les Micmacs à leurs danses spirituelles. A regret, nous n’avons pas été autorisés à filmer ou à prendre de photos durant la danse de l’Honneur. Elle n’en restera pas moins gravée dans la prunelle de nos yeux.

 

D’autres communautés amérindiennes, telles que les Algonquins, les Hurons-Wendats, les Abénakis, les Innus ou encore les Mohawks ont également leurs propres fêtes Pow-Wow.

 

Nous avons poursuivi notre route, sachant que nous allions retrouver un charmant couple de canadiens à Bonaventure, rencontré au New-Brunswick. Nous avions convenu de nous revoir chez eux afin de passer un moment ensemble et d’effectuer un petit renforcement de notre revêtement de sol qui, suite aux fortes chaleurs, courbait légèrement le dos.

C’est alors qu’en chemin, soucieux de l’esthétique de notre « monture », JP décide de lui offrir un bon car-wash. C’est à cette occasion que nous faisons la connaissance de Jim A., un sympathique canadien, de passage dans la rue et impressionné par notre véhicule. Après 15 minutes de conversation, Jim nous invite très gentiment à venir nous installer sur sa magnifique propriété, à une trentaine de km de là, en bordure de sa plage privée, le temps que nous souhaitons.

Nous y passerons finalement deux jours, harassés par la chaleur, à nous y reposer, faire un peu d’administration et visiter entre autre la petite savonnerie familiale, 100% lait de chèvre frais, crée par sa fille et tenue durant l’été par sa petite-fille, étudiante à Quebec.

 

Notre rendez-vous à Bonaventure, chez Denis et Johanne A., une grande famille acadienne de ce village, fut pour nous une deuxième belle rencontre et une bien sympathique étape.
Denis, propriétaire d’une grosse entreprise forestière, nous a aidé à relooker notre sol (Denis, nous pensons tous les jours à toi avec tes belles visses, discrètes et efficaces 😉), tandis que Johanne nous a préparé un délicieux repas à base d’Orignal, chassé par Denis.

Nous avons partagé d’autres moments avec des amis à eux de passage, pris le temps de mieux comprendre la vie au Canada et de savourer quelques belles expressions québécoises –  Si nous en mettons certaines bout à bout, cela donne : Un ami de Denis « a la mèche courte, il part au Mexique quand il a fait la palette, il reconnaît celui qui n’a pas mis les ailes aux mouches et Johanne, avant de partir, s’est magasiné ça. On s’est fait un Potluck, et c’était pas pire. Tu sais tu que ça ne nous a pas coûté une beurrée… »!
Celui qui n’est pas Canadien et qui a tout compris, sans regarder au dictionnaire, nous l’écrit ! ;-).

Dieu merci, en dehors de certaines expressions bien imagées ou mots utilisés dans un contexte tout autre que celui dans lequel nous l’utiliserions en Europe, le Canadien n’est pas franchement difficile à comprendre.
Certains accents sont peut-être un peu plus prononcés, typés, voir même, parfois très typés ;-), certaines lettres sont carrément mangées mais, avec une bonne dose de concentration, on peut la contre, comme on dit en Belgique !  Toutefois, lorsque vous achetez 5 bouteilles de vin, que vous les mettez dans un sac pour faire un peu de provisions et que la caissière vous dit, avec un petit sourire en coin, au moment de payer, que : « ça va branler dans la voiture », vous restez, en bon européen que vous êtes, quelque peu perplexes… Après investigation, cela voulait simplement dire que ça allait cogner. Qui avait compris autre chose ????

Si vous voulez passer un succulent moment en visionnant un petit film sur les caractéristiques du Québécois parlé, vous pouvez toujours vous connecter au lien suivant : https://youtu.be/qYm83H5TOMM (Solange te parle – Le québécois pour les nuls).

 

 

L’accueil, c’est aussi le plaisir de vos hôtes de vous emmener faire un tour de leur région. C’est ainsi que Denis, encore en congé, nous a emmenés visiter le village de Bonaventure, sa campagne et sa longue et belle rivière du même nom. Ensuite, un peu de kayak sur une mer d’huile jusqu’au bout de la baie et autour de l’île aux hérons fut bien agréable.

Nous les quitterons après deux jours, heureux de ces moments passés ensemble et avec l’idée de les retrouver un ou deux jours peut-être, à Manzanilla au Mexique, où ils passent une partie de l’hiver.

 

Notre rendez-vous avec les enfants, à Percé, est dans 4 jours et nous n’avons plus que 150 km à parcourir. Nous ne sommes donc pas pressés par le temps.
C’est à la sortie d’un petit restaurant au port de Bonaventure, après un café canadien amélioré, que nous rencontrons Gaston.  Au volant de son petit véhicule publicitaire, intrigué par notre camion, Gaston nous accoste avec une simplicité et une gentillesse typiquement canadienne : « Bonjour, vous allez bien ? Vous venez de Belgique ? Vous cherchez un endroit pour dormir ? », nous demande t’il.
Et là, il nous propose gentiment de venir nous installer sur son grand terrain en bord de mer, sur lequel il a fait construire 6 petites maisons de vacances assez simples, avec jacuzzi en plein air, petit ponton et kayaks à disposition. Gaston est ingénieur de métier. Il nous raconte qu’il a énormément voyagé pour des missions diverses et, qu’à l’âge de la pension, afin de s’occuper, il a fait construire 6 petites maisons qu’il loue durant 5 mois de l’année. En hiver, il part se réfugier au chaud à Miami avec Monette.

 

Après une soirée passée ensemble autour d’une délicieuse glace locale, le lendemain matin, Gaston vient frapper à notre porte et nous propose de nous emmener faire un tour. Mais, la veille au soir, nous avions découvert que la soudure d’un coffre commençait à lâcher. Qu’à cela ne tienne, notre dynamique Gaston appelle aussitôt un ami soudeur qui dirige une entreprise à une trentaine de km de Bonaventure.

Normalement sur le départ pour le WE, l’ami de Gaston nous dépanne avec beaucoup de gentillesse et répare notre soudure dans l’heure, en plaçant à l’intérieur du coffre, une belle plaque de renfort. Il nous en fabrique même une deuxième au cas où une autre soudure viendrait à lâcher.
Le plus étonnant de cette histoire, c’est lorsque nous apprenons que notre soudeur canadien part en vacances trois semaines plus tard… visiter la Belgique. La vie est faite de plein de coïncidences amusantes.

Voici encore un bel exemple de la gentillesse, de la générosité et du sens de l’accueil des Canadiens.

Gaston et Monette auraient souhaité que nous puissions rester encore quelque temps chez eux, mais il est temps pour nous de faire route vers Percé et d’y attendre l’arrivée des enfants.

 

 

Rocher Percé

Percé se trouve proche de la pointe de la Gaspésie. On nous avait dit que son village était pittoresque… Nous sommes arrivés dans un petit village constitué d’une rue principale où nous avons retrouvé les embouteillages Bruxellois aux heures de pointe. En dehors de son magnifique rocher et du plus grand rassemblement de fous de bassan facilement visibles et accessibles en bateau, le village de Percé n’est qu’une succession de petits commerces, de restaurants et de complexes hôteliers ou Motels avec une jolie digue de bois qui longe la mer de bout en bout, offrant une belle vue sur le fameux rocher Percé. A marée basse, il est possible de s’y rendre à pied, mais il faut faire vite car, surpris par la remontée des eaux, c’est à la nage qu’il vous faudra rentrer.

 

Après un mois et demi de voyage, nous étions heureux de retrouver les enfants. Nous avons terminé le tour de la Gaspésie avec eux et rejoint la province du Québec en prenant le bateau de Trois Pistoles aux Escoumins.

 

La Gaspésie dispense ses charmes, selon nous, au travers de ses magnifiques Parcs Nationaux qu’il faut prendre le temps de découvrir et sa nature propice aux trekking, biking, canyoning, et toutes sortes d’activités d’eau et de plein air.
Vous y trouverez certains petits musées, souvent redondants, quelques monuments liés à l’histoire acadiennes ou à la mer, quelques jolies églises typiques, mais pas de quoi franchement rassasier les appétits culturels.

Petite église amérindienne à Gesgapegiag

Et son arbre chargé de capteurs de rêves. Il capte vos rêves, laisse entrer les bons et vous protège des mauvais.

 

Nous avons roulé sur des pistes à travers tout, parcouru des montagnes, foulé des plages, nagé dans les eaux canadiennes et pris le temps de regarder les dons de Dame Nature,

 

Nous avons savouré le bonheur d’être ensemble au cœur d’une nature immensément dense et parfois impénétrable,

 

Nous avons croisé la route de sculptures vivants au gré des marées,

Et celle d’animaux divers.

 

Et nous garderons en nous, de la Gaspésie, de beaux souvenirs colorés

De belles rencontres avec des canadiens charmants,
De sacrés fous rires en famille et avec nos amis,
D’un après-midi torride où nous sommes partis nager dans une piscine naturelle au pied de la jolie cascade de la rivière d’émeraude,
Du Parc National de Forillon où nous sommes allés voir les colonies de phoques gris et blancs en Kayak accompagnés d’un guide (avec un peu de brouillard, on se serait presque crus dans le monde de Jurassic Parc),
Du Parc National de la Gaspésie où nous avons atteint le sommet du Mt Jacques Cartier avec les enfants et des amis Kraainémois, et où nous avons vu nos premiers orignaux,
Du Parc National du Bic,
De la rencontre inattendue d’amis français à Gaspé, en vacances avec leurs 4 enfants, que nous avions rencontrés en Suisse un an plus tôt,
De panoramas surprenants sur les routes et au coucher du soleil,
Des magnifiques jardins de Métis à l’anglaise réalisés par Elsie Reford entre 1926 et 1958,
Du joli village de Tadoussac avec ses dunes immenses plongeant dans la mer et l’entrée du Saguenay et de ses Fjords,
De notre virée en Zodiac au départ de Tadoussac pour aller voir les baleines à bosses et les rorquals communs sur le St. Laurent,
Et de toutes ces petites choses qui font que la vie d’une journée est si différente de chez vous parce que vous les vivez dans un pays dont les us et coutumes ne sont pas les vôtres.

 

Baleine à bosses dans le St. Laurent au large de Tadoussac

 

Nous avons appris que le Saint-Laurent garde une température constante autour de 5 degrés, été comme hiver, que l’eau est franchement glacée et que,  si l’équipement fourni pour monter sur le zodiaque vous donne l’allure d’ouvriers communaux, je peux vous assurer que vous serez bien contents de les avoir revêtus !

Parc National du BIC

 

 

Le prochain article vous parlera plus particulièrement de la province du Québec, et d’autres rencontres sympathiques.

Nous avons quitté Montréal ce matin, le 3 septembre, pour rejoindre Gattineau, Ottawa et les Milles Iles.
Ensuite, nous nous laisserons aspirer par l’immense ville de Toronto où nous retrouverons des vieux amis de longue date.

 

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Marie BerrangerQuairiaux Michèle Auteurs de commentaires récents
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Quairiaux Michèle
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Quairiaux Michèle

Les baleines et les fêtes Pow Wow…Quel régal pour les yeux ! Quelle chance vous avez d’avoir pu assister à ces danses ! Votre désir d’aventures doit être comblé au delà de vos espérances ! Quelles personnalités intéressantes et chaleureuses ( Tim, Denis, Gaston, le soudeur, …) vous avez rencontrées ! A propos d’accent, un ami québécois m’avait dit un jour «L’accent est dans l’oreille de celui qui écoute»… Nous (mon compagnon, Jean-Loup a un fameux accent bruxellois) étions attablés avec lui et avec 2 amis corréziens (ayant un accent déjà bien chantant) et un copain de Franche-Comté…. Une belle… Lire la suite »

Marie Berranger
Invité
Marie Berranger

Jacques Cartier … Sur les traces d’un aventurier breton, un cousin en quelque sorte (son manoir est à quelques kilomètres de chez mes parents)! Merci pour vos superbes photos et récits fantastiques. Je démarre agréblement mes lundi matins, un café à la main, par une lecture assidue de votre blog. Grosses bises à vous 2 de nous 4.