Wyoming, état des Cowboys, « pays » de Buffalo Bill et cœur de volcans

 

Nous voilà de retour sur le Net :

A tous ceux avec qui nous n’avons pas de contact régulier, il me faut tout d’abord vous dire que nous ne sommes plus du tout aux Wyoming, qui fera l’objet de cet article et ce, depuis bien longtemps :

Eh oui, nous avons traversé la frontière canadienne à la hauteur de Waterton Glacier NP, dans le Montana, et notre monture nous a conduit jusqu’aux confins de l’Alaska, en traversant préalablement d’immenses territoires canadiens quasi inhabités.

Après une période plus prolixe durant laquelle un article par semaine a été posté sur notre site, le besoin de faire une petite pause s’est fait doucement ressentir.
Nous avons donc pris un peu de recul et quelques vacances avec le Net bien méritées. Et quand bien même nous aurions voulu vous taper quelques lignes, le peu de réseau disponible dans ces contrées sauvages ne nous l’aurait pas permis.
Bon dieu, que c’est bon de déconnecter parfois 😉

Mais, nous revoilà !
Certes, en décalage par rapport où nous sommes réellement physiquement, mais heureux de reprendre la plume pour vous conter quelques petits morceaux de notre périple.

Nous prenons, depuis longtemps déjà, pleinement conscience que l’Histoire a tant à nous apprendre, à travers les écrits des uns et des autres notamment, mais fouler le sol de ceux qui ont tracé le fil de l’Histoire de Nations revêt, à chaque fois, une dimension tout autre encore.

Lors d’un voyage au long cours, nous ne croisons pas toujours que du « beau » sur nos chemins et, si des partie de l’Europe connaissent encore un certain niveau de pauvreté et des conditions de vie précaires et difficiles, de grandes nations comme les USA et le Canada, n’en sont franchement pas dépourvues non plus.
Nous avons croisé beaucoup de laissés pour compte. La vie, en de nombreux endroits, peut y être rude, l’isolement important, l’emploi précaire, la nourriture extrêmement basique et le logement limite insalubre; des chancres de carcasses de voitures sont délaissés en de multiples endroits. Les maisons, abandonnées, sont rarement détruites. On préfère apparemment les laisser croupir dans une nature pourtant si généreuse et accueillante. Un sacré gâchis…

Les territoires des Etats-Unis et du Canada sont tellement gigas que nous avons, depuis, la certitude d’être nés dans un véritable « mouchoir de poche ».
Ici, on parcourt vite 2.000 km comme pour rigoler, comme si vous décidiez d’aller manger des crevettes ou des moules à la côté belge.
L’ennui, c’est qu’il n’y a pas souvent de bonnes crevettes grises ou de moules au bout du chemin et qu’on mange souvent du bois de sapins à n’en plus finir. Heureusement, si vous êtes chanceux,  grizlis, ours noirs, orignaux, coyottes, renards, mouflons, chèvres sauvages ou caribous, maîtres de ces contrées sauvages, viennent rompre, la monotonie des lieux.

Mais, nous en parlerons plus tard…Revenons quelques semaines en arrière, côté Wyoming.

 

 

 

Wyoming, état des Cowboys, « pays » de Buffalo Bill et cœur de volcans :

Nous vous avions quittés après notre passage à Salt Lake City, la capitale des Mormons, à la hauteur de Bear Lake, petite incursion dans l’Idaho, pour monter vers la ville de Jackson, porte d’entrée vers le Parc National de Grand Téton et de Yellowstone.
A Jackson, nous avons assisté à une soirée traditionnelle de rodéo au Jackson Hole. C’était sympa et le public, bien chauffé, y mettait une chouette ambiance.

 

 

 

 

Grand Teton NP :

Sans aucune colline pour venir obstruer votre champs de vision, vous êtes immédiatement saisis par la longue chaîne de montagnes et ses grands pics aux sommets enneigés, surgissant de la vallée de Jackson.

 

On pourrait presque se croire dans un paysage de montagnes européennes, mais, je ne saurais dire précisément pourquoi, probablement est-ce du au type de végétation et aux animaux sauvages qui y habitent …, cette chaîne de montagnes vierge, sans aucun habitat, aux pics acérés, n’est pas de chez nous.

 

On y aurait apparemment trouvé des roches datant de 2,7 billions d’années. Mais, cette chaîne de montagne formant cette succession de pics et résultant de deux phénomènes au cours des 100 millions d’années qui nous ont précédés – la collision de plaques tectoniques le long de la côte Ouest américaine et d’importants tremblements de terre sur ses territoires – serait parmi les chaînes de montagnes les plus jeunes au monde.


Au pied de Grand Téton, nom donné au pic le plus élevé, se niche Jenny Lake, un grand lac alimenté par l’eau des glaciers environnants.

 

 

Lorsqu’aucun apôtre d’Eole ne se déchaine, même pas Zéphir, vous pouvez voir se refléter dans le miroir de Jenny Lake, les pics qui le dominent et par beau temps, l’eau se maquille de teintes turquoises saisissantes.

 

 

 

De beaux treks, de difficultés diverses, vous amènent à des lacs d’altitude. Seuls, la marche et le kayak vous permettent de pénétrer ces espaces sauvages où la nature règne en maître.

 

Nous y avons croisé des aigles royaux, des orignaux, des troupeaux d’antilopes, des pikas, et bien moins appréciés, nos premiers moustiques de la saison. Mais, nous ne le savons pas encore, ce n’est rien à côté des volatiles affamés que le Yukon et l’Alaska nous réservent au cours des semaines à venir…;-)

Un jeune orignal s’abreuve au petit matin

 

Pour vous la jouer un peu à la sauce américaine : saluons tout de même au passage l’initiative de feu John D. Rockefeller qui, par ses rachats de terres pour les protéger des nombreux trappeurs et chasseurs,  et ses donations à l’Etat américain, a fortement contribué à la conservation de ce parc national et a permis de préserver 24.000 âcres connectant Grand Téton NP à Yellowstone NP. Dommage seulement que les Premières Nations aient été, une fois n’est pas coutume, chassées de leurs habitats naturels…

 

 

Yellowstone NP :

 

Il est difficile de ne pas être captivé par la beauté tantôt volcanique, tantôt encore si naturelle et sauvage, de Yellowstone.
On pourrait presque croire, par endroit, au cœur de certaines vallées, avoir été « téléportés » à l’aube de la création du monde.
Si seulement tout le monde n’avait pas l’envie d’y être au même moment…

 

 

Ce Parc National est tellement grandiose, et les phénomènes de geysers, en grand nombre ici, sont si rares dans le monde et si étonnants, qu’il attire des millions de visiteurs chaque année.
De plus, certaines routes ne sont pas ouvertes toutes l’année en raison des perturbations climatiques, souvent tardives dans l’année. La période propice au cours de laquelle l’entièreté du parc est ouverte est relativement courte.

Au cœur de Yellowstone, git un immense volcan dont les dernières éruptions datent d’environ  631.000 ans. Avec le temps, au centre extérieur de ce volcan gigantesque, se sont formés plusieurs milliers de geysers, sources d’eau chaude, fumeroles et bassins de boue bouillonnante.

 

 

 

Dans l’environnement naturel quasi intact de certaines vallées (telles que Hayden Valley et Lamar Valley), que rien ne vient dénaturer, la vie sauvage est bien présente. Mais, les espaces sont tellement immenses qu’il faut parfois avoir de la chance pour l’apercevoir.
Nous y avons croisé de nombreux troupeaux de bisons, des ours se nourrissant de la carcasse d’un orignal, des coyotes et des renards s’abreuvant dans le lit d’une rivière, ainsi que quelques aigles royaux. Les loups, réimplantés depuis quelques années, sont également bien présents, mais nous n’avons pas eu la chance d’en voir.

Quant aux très nombreux geysers et bassins bouillonnants surgissant en de multiples endroits du parc, certains offrent un spectacle particulièrement saisissant et haut en couleurs. Armez-vous de patience ou levez-vous à l’aube car ce sont souvent les endroits les plus prisés aussi…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous quittons une première fois le parc de Yellowstone par la Lamar Valley, pour nous rendre à la plus haute « pass » de la région, la Beartooth Pass, qui culmine à 3.330 mètres d’altitude. La neige y est encore très abondante en cette mi-juin et les lacs d’altitude, sont complètement gelés. Mais la route de montagne est bien dégagée.

 

Arrivés au sommet de la pass, il nous faut revenir un peu sur nos pas pour prendre la route 120 qui conduit à la petite ville de Cody. Cette route nous fait traverser une région magnifique et toute aussi sauvage.
Sur notre passage, nous dérangeons ,bien malgré nous, un quatuor de 4 ours se nourrissant de fleurs sauvages en bordure de route.
Deux d’entre eux, plutôt téméraires, nous montre les dents et l’un d’eux se dresse brusquement sur les pattes arrières… Ils ont peut-être des allures de bons gros « nounours », ils n’en demeurent pas moins des animaux sauvages ! Tout cela s’est passé si vite que nous avons eu à peine le temps de prendre quelques photos.

 

 

Depuis cette petite rencontre fortuite, nous regardons les ours tout différemment. Et encore plus, depuis que nous avons appris que ces gros balourds peuvent courir à une vitesse de 70 km/h pour attraper leur proie et grimper à une vitesse incroyable aussi dans les arbres. Si si, ce n’est pas une blague. Alors, à bon entendeur, salut !

 

 

 

Cody, une petite ville marquée par Buffalo Bill : 

 

 

A l’époque :

 

 

Vous pouvez découvrir toute l’histoire de cet étonnant personnage au Musée de Cody, pour ceux qui n’ont jamais vu des films sur ses aventures durant leur jeunesse.

Pour la petite histoire, son vrai nom est en réalité William Frederick Cody.
Soldat et coursier dès ses 14 ans, il servit d’éclaireur dans les guerres indiennes et participa au développement du Pony Express.
Grand chasseur, il fournit en viande de bisons les employés du chemin de fer. Avec le temps, il devint un véritable homme d’affaires, construisit un grand hôtel de luxe à Cody (qui existe toujours), destiné aux gens fortunés et, artiste dans l’âme, il monta un spectacle de cirque mettant en scène la vie des indiens et des cowboys, qui fut joué notamment devant la reine d’Angleterre.
Grand voyageur devant l’éternel, il parcourut l’ensemble des états des Etats-Unis ainsi que de nombreux pays du monde.

 

 

 

Cody nous retient le temps de deux soirées dont l’une que nous passons « Chez Cassie’s », un très ancien Pub Restaurant bondé et plein d’ambiance qui fut, autrefois, une maison close créée en 1922, par la célèbre Cassie, qu’elle transforma, par la suite, en bar-restaurant. Depuis, cet établissement tourne toujours et le décor ambiant a gardé bien des stigmates du début des années 1900.

 

 

 

 

Nous repartons ensuite en direction du parc de Yellowstone, mais cette fois nous y revenons par l’entrée Est, côté Yellowstone Lake, pour ressortir par l’Ouest. Il faut dire que ce parc est tellement grand que vous y tracez bien vite quelques centaines de kilomètres.

 

 

 

 

Le lodge de Old Faithfull, avec ses superbes charpentes en bois.

 

Maintenant, le Montana est à notre porte et notre boussole pointe au Nord.
L’Ouest canadien n’est plus très loin : nous avons décidé, malgré les risques potentiels de ne plus pouvoir rentrer avec le véhicule aux USA, de monter malgré tout jusqu’en Alaska. D’autres voyageurs, que nous avons croisés, ont su nous convaincre de le faire. C’est pourquoi, nous avons finalement choisi de ne pas tenir compte de l’avertissement désagréable d’un douanier lors de notre transfert à Washington.

Canada, on arrive.
Alaska, … attend-nous car la route est encore longue.

 

« Climb the mountains and get their good tidings.
Nature’s peace will flow into you as sunshine flows into trees.
The winds will blow their own freshness into you…
while cares will drop off like automn leaves. » (John Muir)

 

 

 

 

 

 

 

 

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Myriam Gillet
Invité
Myriam Gillet

Et bien chers amis, vous nous redonnez envie de partir visiter Yellowstone que nous n’avons pas fait quand nous étions ds ce côté là du monde. Pas le temps de remonter si haut… pas 2 ans pour visiter le monde …!!!!! Profitez bien Myriam

Leduc
Invité
Leduc

Continuez bien !

Moens Marcel
Invité
Moens Marcel

C’est super et vous avez eu bien raison de faire une pause! Amitiés!

vanden broeck
Invité
vanden broeck

Magnifique ! Et merci pour la primeur des photos du grand nord 😉 Il me semblait bien avoir oublié deux fauteuils rouges là-bas . Bises !

rul
Invité
rul

Super ! Que de belles choses. Kiss à vous deux de nous deux.

ANNIE VANDER ELST
Invité
ANNIE VANDER ELST

Cela valait la peine de faire une pause quand on lit et regarde les photos de ce dernier reportage ! Les ours ne vous pont pas fait peur ? Rien ne semble vous arrêter, il me semble ! Les photos sont géniales !
Continuez vos découvertes pendant qu’ici ( comme en Provence) nous fondons sous la canicule, la seconde de l’été !
Vous nous donnez l’envie de neige….
Amitiés des voisins du 30