Nord-Est des USA (part.1)

Tout d’abord, et avant toute chose, il faut que je rende à César ce qui est à César, que je vous parle du travailleur dans l’ombre : tandis que je prends ma plume pour vous conter, tant bien que mal, nos aventures de voyageurs itinérants, mon charmant compagnon de voyage, assure pendant ce temps-là l’intendance et nous concocte de délicieux repas pour nourrir les quelques valeureux neurones dont un Dieu a bien voulu me doter 😉
Et je peux vous assurer qu’ils sont bien nourris :-))))

 

Le passage de la frontière américaine à Buffalo, le 15 septembre dernier, fut notre premier contact avec le pays de l’Oncle Sam…

On peut dire que le changement fut immédiat :

– « What’s that ? » dit-elle en nous montrant notre véhicule. – « Is it Bullet proof ??? »
La jeune fliquesse, debout dans sa petite guérite, visage fermé, n’a pas vraiment l’air commode. Elle appelle le bureau des douanes pour savoir ce qu’elle doit faire.
Après avoir pris nos passeports, elle nous indique un petit parking où nous devons y laisser le camion pour nous rendre dans une grande salle du bureau des douanes et attendre que l’on nous appelle par notre nom.
Sur les 50 mètres que nous parcourons entre le parking et le bureau des douanes, un autre flic, les deux mains à portée d’armes, ne nous quitte pas du regard.
Notre entrée dans le bureau des douanes ne nous réjouit guère : la salle est comble, de nationalités en tout genre. Nous ne sommes pas près de passer la frontière !
Finalement, après deux heures d’attente, un officier finit par crier notre nom ainsi qu’un numéro de guichet auprès duquel nous nous rendons.
Mince alors, pas de chance…  l’officier qui tient notre dossier a le visage le moins sympathique de tous…

Tenant nos passeports en main, la première question qu’il vient à nous poser est :

– « Where are you from ? » (ben, c’est écrit là, juste sur nos passeports devant toi, ceux que tu as reçu voici près de deux heures…). Non, il ne faut surtout pas rire, il n’apprécierait pas, je le vois bien !
-« Belgium », répondons-nous calmement.
-« Why do you want to come in America ? »
-« to visit your wonderful Country » – Un visage glacial continue à nous observer…
Puis, il nous demande d’où vient notre véhicule.
– « Belgium too », répondons-nous
-« What is your address in United States » ? You need an address.
C’est à ce moment-là que vous ressentez soudain un grand vide qu’il faut combler au plus vite. Mais que lui dire…on en n’a pas, nous, d’adresse fixe aux USA ! On bouge tout le temps, on vient de lui expliquer… Vite, il faut répondre… Sans hésiter, nous lui donnons celle de nos amis que nous allons visiter. Il la note attentivement. On verra bien.
-« Why are you travelling so long ? » – (Eh bien, si nous le pouvions, nous voyagerions encore plus longtemps…)
-« We are retired. We worked a lot. Now, we want to enjoy a little bit »… Grand silence. A quelle sauce va t’il nous manger ???
Soudain, nous apercevons une première ébauche d’ouverture sur son visage, la naissance d’un sourire… qui, hélàs, meurt bien vite étouffé dans l’œuf.
Toutefois, nous pressentons que quelque chose a changé. Il se relâche un peu… nous aussi.  Quel va être le verdict ?

Quand, soudain, Paf, paf ! Il tamponne nos deux visas pour 6 mois et nous déclare, après avoir questionné deux fois ses collègues, que nous n’avons pas besoin de papiers d’importation temporaire de véhicule. Vous avez 1 an à partir de ce jour, nous dit-il, pas un  jour de plus. Après, vous devez quitter le pays !
Heureux, nous sortons au plus vite de ce lieu peu hospitalier. Le contact est, en effet, radicalement différent de celui que nous avions eu avec les douanes canadiennes, où la décontraction et la gentillesse étaient de mise. Et, il sera certes encore bien différent de celui que nous aurons avec les douanes des pays d’Amérique du sud dont la tendance à la « fantaisie », apparemment, est un vrai sport national…

Mais, nous voilà enfin entrés aux États-Unis. Avec tout cela, il se fait déjà tard et nous ne savons pas où nous allons passer notre première nuit.
Sachant que notre route doit nous mener vers les Fingers Lakes, nous nous arrêtons, fatigués, à mi-chemin, sur le parking d’une grande surface, le long de grands arbres, où nous passerons une nuit finalement des plus calmes.

Les Fingers Lakes, c’est une région de grands lacs longs et fins (d’où le nom subtil qui leur a été donné), très viticoles, ce qui n’est pas pour nous déplaire !
Mais, lorsqu’on a goûté à la cave de Paul, mon beau-frère ;-), aux bons vins européens, sud-américains et africains, il n’est pas facile de contenter des palais gâtés par des vins généreux… Nous avons fait, toutefois, quelques petites découvertes intéressantes, en vins blancs, dans la gamme des Gewurztraminer.

Les Fingers Lakes comportent également de nombreux petits canyons, animés de cascades naturelles qui sont de toute beauté, surtout hors saison, tôt le matin ! Le site de Glens Falls est le plus joli que nous ayons visité. L’endroit, encaissé dans un écrin de verdure, est profond. La sècheresse de l’été a certes diminué le niveau de ses eaux, mais il nous a apporté la fraicheur que nous recherchions.

Pour une fois, nous avons eu envie de les regarder en noir et blanc.

 

 

Après nous être posés quelques jours dans cette région, nous nous sommes dirigés vers les Adirondacks, ce qui nous a, finalement, rapproché fortement du Canada et de notre lieu de départ.

Voir les Adirondacks en automne fut pour nous un vrai retour aux sources, à la nature. Et, un vrai régal.
Massif dans le nord-est de l’Etat de New-York, situé dans le prolongement des montagnes Appalaches, les Adirondacks représentent un cinquième de la superficie de l’Etat de New-York. Cette région a été fortement menacée au milieu du 19 siècle, notamment par l’expansion du chemin de fer et aussi parce que beaucoup d’américains pensaient, à tord, que sa nature était inépuisable…
Fort heureusement, un juriste, écrivain, journaliste et politicien, Samuel H. Hammond, dénonça l’idée que tout ce qu’il y avait dans les cieux, sur la terre ou dans les eaux ne devait pas toujours être quantifié en dollars ! Il s’est battu afin que les Adirondacks conservent leur caractère sauvage pour l’éternité, que les lacs et les rivières continuent à chanter leur authenticité et leur beauté romantique.
Forever Wild !

 

 

L’habitat est joliment intégré dans la nature et les villages qui les peuplent sont souvent harmonieux.

 

 

John Cheney écrivait, à juste titre, en 1837 : « Être au sommet du Mont Marcy fait sentir à un homme ce que c’est que d’avoir toute la création du monde sous ses pieds; il y a des bois dans lesquels il faudrait toute une vie pour chasser, des montagnes qui semblent s’épauler les unes aux autres, pour renforcer celle sur laquelle vous tenez debout ».

Il est vrai que nous avons aussi de merveilleuses chaînes de montagnes en Europe, comme les Alpes ou le Jura, les Pyrénées ou les Dolomites.
Mais  jamais nous n’avons ressenti à la fois tant de douceur face au spectacle de ces chaines de montagnes en forme de cascades ondulantes et aux couleurs automnales et ses milliers de lacs aux formes diverses, et tant d’authenticité au regard de son côté sauvage si préservé qui abrite une faune multiple et abondante. Nous n’avons pas eu l’occasion de faire connaissance avec les ours bruns du coin, par contre, nous ne comptons plus les cervidés que nous avons croisés. Les castors, quant à eux, sont bien présents mais demeurent plus discrets.

 

Nous y avons fait la connaissance de Mike, un charmant américain de la région, qui nous a gentiment proposé de nous emmener faire une ballade en bateau juste avant le couché du soleil. Son épouse organisait une soirée entre amies et il avait peut-être envie d’un peu de compagnie. En tous les cas, notre camion et notre plaque étrangère ont du l’interpeler, c’est certain. Ce fut tout à fait inattendu et vraiment bien sympathique de sa part. Nous avons passé un très agréable moment ensemble sur l’eau et avons terminé le début de soirée en sa compagnie dans un bar autour d’une bonne bière locale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos routes et nos bivouacs sont rarement déplaisants et les lodges ont un charme bien typique.

 

 

Parfois, il m’arrive même encore de travailler… mais d’une autre façon, dans un autre cadre 😉

 

 

 

Quant à l’automne, elle est belle et bien là… Ses couleurs et ses senteurs envahissent nos sens.

 

Et nos amis ne nous quittent pas. C’est la course aux provisions en vue de l’hiver qui approche…

 

 

Dans les Adirondacks, les étendues de lacs sont immenses. Certains sont reliés les uns aux autres par de magnifiques sortes de mangroves que nous avons sillonnées en Kayaks à plusieurs reprises. Inutile de vous dire combien vos épaules peuvent vous rappeler à elles, le lendemain matin, lorsque vous avez pagayé durant plusieurs heures d’affilée, heureux, dans une totale insouciance du moment présent !!! Manque d’entraînement, ma p’tite dame, me direz-vous. Vous n’aurez pas tord.
C’est là aussi que nous avons fait la connaissance d’un charmant couple de canadiens, Nathalie et Stéphane, en vacances dans les Adirondacks, avec qui nous avons lié amitié, passé quelques soirées autour d’un bon feu de bois et partagé de bons moments.

Kayaks sur les rivières

 

Certains ont une façon bien à eux de vous saluer,

 

quand d’autres préfèrent prendre de la hauteur…

Il est difficile de ne pas aimer cette nature généreuse et si bien préservée.
Quant à nous, nous sommes tombés sous son charme même si nous avons dû finalement lui tourner le dos pour poursuivre notre chemin…

Maintenant, nous faisons route pour les White Mountains, en passant par le Vermont pour rejoindre le New Hampshire !

 

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ANNIE VANDER ELST
Invité
ANNIE VANDER ELST

Superbes photos et tu décris très bien toute cette belle nature. La scène à la douane aurait du être filmée…mais faut les comprendre aussi avec tous les attentats et votre drôle de véhicule peut faire peur, si, si !!!!
Bonne continuation et félicitations au cuistot !
Bisous
Annie et Emile qui vous suivent depuis les Capucines !

Kurt
Invité
Kurt

I saw you on our beloved Garden state parkway in NJ heading south. I hope you were able to view some of the beautiful “Jersey Shore” beaches.

jp
Administrateur

Yes, we are for 2 days in Philadelphia and will ge back to May.
Thanks for your comment.

Gillet Myriam
Invité
Gillet Myriam

Quel plaisir de vous lire….. votre voyage me passionne et je me régale à vous lire et à revoir ces superbes photos. Continuez à nous nourrir de ce beau voyage. Je vous embrasse et j’espère au plaisir de se voir à Miami entre le 5 et le 10 décembre. Myriam

jp
Administrateur

Chère Myriam, nous sommes heureux de te donner tant de plaisir à voyager un peu en avance…
L’automne arrive ici et nous allons certainement avoir envie de trouver la chaleur du sud pour la fin de l’année, mais quand ??? Nous te tiendrons au courant de notre progression.