Minas Gerais, les montagnes aux pépites d’or

(du 01/10 au 11/10/23)

 

Après de nombreuses semaines passées au bord de l’Atlantique, nous décidons enfin de prendre la route des montagnes pour nous diriger vers le Minas Gerais.
Juste avant cela, nous nous rendons au bureau de Police Fédérale de Vitória afin de leur demander une extension de notre visa qui arrive à son terme dans 12 jours. D’après les douaniers brésiliens avec lesquels nous avions parlé lors de notre entrée au Brésil, cela ne devrait poser aucun problème.
Arrivés au Bureau Fédéral, la réponse est pourtant négative : impossible de renouveler notre visa avant une période de 6 mois passés en dehors du pays, selon le principe de réciprocité. La déception est là. Nous comptions terminer de visiter le sud du Brésil, partie plus allemande, à notre aise avec un mois supplémentaire….

Cela ne nous laisse donc que quelques jours pour traverser le Minas Gerais et réaliser un peu plus de 2.000 km qui nous séparent de la frontière la plus proche avec l’Argentine.
Cela semble peut-être facile à réaliser mais, en camion, nous n’avançons pas très vite et les routes du Minas Gerais sont étroites, sinueuses et dessinent de sacrées ondulations où les camions sont extrêmement difficile à doubler.

 

Un dernier regard sur l’Atlantique, plein de remerciements pour ces magnifiques moments passés en sa compagnie.
Puis, nous lui tournons le dos, plein ouest.

 

 

Les dénivelés font rapidement leur apparition. Les montagnes sont là, à portée de roues tandis que les villes se densifient fortement.

 

 

Pour atteindre la ville de Ouro Preto, nous naviguons de haut en bas et de bas en haut, au fil de hautes collines verdoyantes qui constituent le relief de cette région. Cela nous change sacrément de la côte et notre monture y trouve un nouveau souffle, rythmé par ces montagnes russes que nous avalons.

 

 

 

Ouro Preto :

Ouro Preto signifie Or noir. Il faut savoir que l’or extrait n’était pas doré, comme nous le connaissons, mais bien noir.

Il s’agit de la première ville du Minas Gerais dans laquelle nous nous arrêtons. Le temps nous est compté et il a fallu faire des choix.
Fondée en 1711 à la suite de la découverte d’or dans les rivières par les pionniers du Minas Gerais, elle s’agrandit et se développe avec l’arrivée de commerçants qui viennent s’y installer pour faire fortune.
Sa principale activité aujourd’hui est devenue le tourisme mais sa richesse lui fut acquise grâce aux réserves minérales de ses sous-sols, telles que l’or, le fer, la bauxite, le manganèse, le talc et le marbre qui sont encore extraits pour certains.

Une légende raconte aussi qu’une mine d’or du Minas Gerais aurait appartenu à un ancien esclave, un certain Chico Rei.
Ce dernier aurait acquis sa liberté et aurait racheté une mine d’or avec les gens de son village anciennement esclaves également, et serait devenu riche.

 

 

 

Le nombre d’églises à Ouro Preto est assez incroyable. Quelque soit la vue, d’un côté ou de l’autre, il y a toujours un clocher qui pointe vers le ciel.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous quittons la ville d’Ouro Preto, les gambettes bien affûtées par ses ruelles abruptes que nous avons sillonnées de bas en haut et de haut en bas.
L’étape suivante sera la petite ville de Tiradentes.

En chemin, un stop improvisé dans le petit village d’Ouro Branco, anciennement habité par quelques artistes en herbe, nous délie les jambes.
Bizarrement, tout semble comme « ensommeillé »: personne dans les rues. Les boutiques sont fermées et les volets des maisons, clos. Nous poursuivons toutefois notre balade quand, soudainement, un sympathique personnage nous accoste et nous invite à venir visiter sa Pousada, Villa Itatiaia. Nous y entrons par son restaurant plein de charmes, complètement meublé avec des matériaux et des objets anciens.

 

 

 

 

Notre hôte s’appelle Marcello. On se dit que finalement, on a de la chance avec les « Marcellos » brésiliens. Cela fait le troisième qui croise notre chemin et avec lequel nous passons un moment absolument incroyable.
Le premier fut dans le Pantanal. Il nous a fait découvrir le Rio Negro durant trois jours absolument exceptionnels.
Le second, rencontré à Bonito, près du gouffre aux perroquets, nous a invité à partager un assado chez lui avec toute sa famille.

Quant au troisième, ici présent, dentiste de père en fils, alors que c’était le jour de fermeture de son restaurant, il nous invite à découvrir sa propriété, ses logements, ses plantes comestibles, ses fruits et son environnement incroyable.
Ensuite, après nous avoir raconté plein d’histoires sur la vie des plantes et des animaux de sa propriété, il nous convie à un repas dont on se souviendra longtemps. Confectionné à partir des plantes de son domaine, totalement endémiques, nous découvrons des saveurs nouvelles étonnantes.

Merci Marcello, tu nous as fait passé une matinée totalement inattendue et passionnante !
Amis voyageurs, si vous passez par le Minas Gerais, arrêtez-vous chez Marcello. Il est incroyable.

 

 

Vue de la chambre des petits logements où tout est 100% naturel et local.

 

 

Sur la terrasse où nous savourons un alcool sucré à base de petites baies du jardin, les perroquets font tomber de l’arbre de toutes petites noix de coco dont le fruit est très apprécié.

Tandis qu’un grand lézard se fait griller sur la pierre chaude…

 

un p’tit jaune se prend la tête pour la pose photo.

 

A la cuisine, les plats sont prêts à être dégustés et les convives, à être rassasiés. Nous passons à table. Marcello a convié sa soeur pour l’occasion.

On ne se souvient malheureusement pas du nom de toutes les plantes locales qui ont garni notre assiette mais de leur saveur,
si !
Quant au dessert, des bananes cuites dans du sucre de cane brun sur lesquelles on rajoute de la crème fraiche épaisse… C’est une véritable tuerie !

 

Parqués à côté de l’ancienne petite église du village, nous reprenons notre quatre roues, le corps et l’âme remplis de bien-être après à ce merveilleux partage avec Marcello.

 

Cet imprévu, non regretté, nous a quelque peu retardés. Il faut que nous arrivions à Tiradentes avant la tombée de la nuit.

 

Tiradentes (tirer des dents) :

Petite ville coloniale fondée en 1703 en l’honneur d’un héros national, Joachim José da Silva Xavier, « arracheurs de dents » de métier, Tiradentes fut longtemps un relais routier important pour les convois d’or et de pierres précieuses à destination du Portugal.

 

Ses ruelles en pavés, bordées de maisons anciennes colorées pleine de charmes, sont bien préservées.
Ce qui nous frappe d’emblée pour une si petite ville est à nouveau le nombre d’églises que l’on croise à tous les coins de rue.

 

A l’intérieur de l’église baroque Matriz De Santo Antônio, un magnifique orgue tout en bois trône sur les hauteurs, tandis qu’un Jesus aux cheveux longs (rarement représenté ainsi) et aux genoux ensanglantés, s’éteint sur une croix.

 

 

Les jours passent et la date d’expiration de notre visa se rapproche considérablement. Il est temps pour nous de quitter le Minas Gerais pour faire route plein sud, vers les chutes d’Iguazù et la frontière de l’Argentine.
Nous faisons défiler les km et mettons trois jours à atteindre la ville de Foz de Iguazù.

Nous avons gardé une journée pour aller voir les chutes, côté brésilien cette fois, avant de repasser en Argentine.

 

Ceci n’est qu’une petite partie… Il s’agit des chutes les plus grandes au monde. La vue du côté brésilien est très différente mais tout aussi spectaculaire.

Plus on approche du fond, plus ça mouille.

 

Et sur la passerelle, c’est vertigineux ! C’est la douche complète ! Plus un poil de sec au retour : les vêtements étaient à tordre. Le photographe du jour s’est bien gardé d’y aller.

 

Et, pour ceux qui connaissent, d’un passé lointain… voici une photo de l’hôtel Iguazú.

 

 

 

 

Au revoir, Brésil et Brésiliens. Nous avons passé trois mois merveilleux en votre compagnie. Nous vous quittons un peu à regret mais votre visa n’est malheureusement pas extensible. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé.

L’Argentine est à notre porte, juste en face. Il nous reste encore le nord du Catamarca dans la cordillère des Andes et la province de Jujuy à traverser avant notre passage vers la Bolivie.

 

A l’heure où je vous écris, nous sommes déjà revenus en Argentine depuis presqu’un mois. Nous avons dû régler des problèmes techniques sur notre véhicule qui nous ont mangé beaucoup de temps et d’énergie, mais c’est enfin réglé.
Alors, dès que j’en aurai le courage…  A bientôt dans le nord du Catamarca, une splendeur !

 

 

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Anne-Caroline
Anne-Caroline
3 mois il y a

Passer un moment merveilleux avec un dentiste de père en fils et aller ensuite à Tiradentes… j’espère que vous avez une bonne assurance santé 😉
Merci pour ce voyage Brésilien

Fiona
Fiona
3 mois il y a

Magnifique, what a wonderful adventure, to visit places we could only dream of visiting. Bravo xx

Moens Marcel
Moens Marcel
3 mois il y a

Que d’églises! Heureusement il y avait Marcello et les petits perroquets, avant la douche! Quel beau voyage!

Jerry
Jerry
3 mois il y a

Toujours aussi fabuleux ce voyage.
À Ouro Preto quelle est la signification de ces bustes avec un bandeau et texte dans les cheveux ??
Jerry

rul
rul
3 mois il y a

QUE C’est beau tout ça!

Les plats du resto nous font saliver !

Bises et bonne route

ALCOL
ALCOL
3 mois il y a

Hello les amis,

La chute de ce reportage est belle…

Bravo et encore merci pour ce nouveau carnet qui nous démontre quand même que le statut de SDF pose parfois problème…

NB. Repartons à Rochefort-sur-Mer du 16/11 au 21/12/2023.

Biz
Colette et Alain