La mythique « Alaska Highway »

Saviez-vous que la fameuse Alaska Highway (longue de 2.232 km) fut construite et financée par l’armée américaine en 1942, en un temps record de 8 mois, dans la crainte des américains d’une invasion japonaise par l’Alaska ? Plus de 16.000 personnes ont oeuvré à sa construction.
Elle traverse une partie de la Colombie Britannique et une grande partie du Yukon.
Nous avons décidé de la parcourir d’un bout à l’autre pour atteindre le nord du continent américain, où se niche l’Alaska. Nous pouvons vous assurer que cette route est un véritable exploit du génie américain, connaissant maintenant les difficultés climatiques (des permafrosts notamment) de ces régions austères et sauvages infestées de moustiques et truffées de marais, la densité de la végétation et la vie sauvage qui y habite ! Des centaines de ponts durent être construits pour surmonter bien des obstacles.

Un petit arrêt en bord de route et voilà que ce jeune ours noir, pas bien gros, monte déjà sur le marche-pied de notre camion, la truffe levée à la recherche de nourriture.

 

Dans ces contrées retirées, si certains endroits sont plutôt accueillants, bien d’autres sont souvent délaissés, abandonnés par l’homme à la nature qui retrouve bien vite ses droits.
Le touriste, qui fréquente cette route mythique pour gagner le Nord du continent par voie terrestre, ne la parcoure souvent qu’entre le mois de juin et de septembre et les développements hôteliers des années ’70 peinent, depuis, à survivre. Un grand nombre d’entre eux sont fermés, à vendre, surtout dans le nord du Yukon.
Un climat austère, des hivers très froids et beaucoup d’isolement n’ont vraiment pas favorisé le peuplement de ces immenses territoires sauvages. Seule la grande ruée vers l’or du Klondike, entre 1896 et 1899, attira plus de 100.000 prospecteurs dans ce territoire canadien du Yukon.

Ici, sur près de 41.000 habitants que compte le Yukon pour une superficie de 482.448 km2, la ville de Withehorse rassemble à elle seule 31.527 habitants. Le reste de la population se partage entre de petites villes comme Dawson City (anciennement très peuplée lors de la grande ruée vers l’or), Watson Lake, ou quelques autres. Imaginez un instant : cela représente 0,08 habitants/km2.
A titre de comparaison, pour vous donner une idée plus précise de ce que cela représente, notre mini Belgique compte 11,4 millions d’habitants pour à peine 30.688 km2, soit 372 habitants/km2.
Quant à l’Alaska, vers laquelle nous nous dirigeons, elle déploie un territoire de 1.718.000 km2 pour 737.500 habitants, soit 0,43 habitants/km2.

 

La vie sauvage que nous croisons en chemin apporte à ces immenses espaces, couverts sur 57% du territoire d’une forêt boréale (principalement de pins) et de milliers de lacs, un peu de vie et d’étonnements.

Les stones Sheeps,

Les jeunes caribous,

et d’autres, plus adultes

 

Les orignaux,

Les bisons, 

ainsi que les ours sont là, chez eux, depuis des décennies.
Ils ont su s’adapter à la rudesse de leur environnement bien que chaque hiver qui passe soit toujours un véritable défi de survie pour chacun d’entre eux.

La diversité de la faune ambiante a également permis aux natifs des différentes peuplades de se nourrir dans ces contrées isolées et rudes.

Ces « stone sheeps » semblent venir lécher des restes de sel provenant du salage des routes en hiver…

 

Tandis que nous nourrissons notre monture assoiffée par tous ces kilomètres, une hirondelle aux couleurs vives nous observe avec attention. Ici, il faut bien surveiller sa jauge car les approvisionnements en carburant ainsi qu’en nourriture ne courent pas vraiment les rues…

 

 

Par endroit, des sources naturelles d’eau chaude nous offre une pause bien agréable. Celles du Parc provincial Liard River Hot Springs sont les plus rustiques et, apparemment, les plus remarquables du Canada. Encore en Colombie Britannique, elles se situent à environ 80 km au sud de la frontière du Yukon.

 

C’est donc peu après ce petit bain de jouvence que nous pénétrons dans le territoire du Yukon, dont la « devise » augure bien vite à quoi nous devons nous attendre… « Yukon, plus grand que nature ».

 

Une petite ville du nom de Watson Lake nous permet de nous approvisionner. Elle ne présente rien de particulier en soi, si ce n’est une grande forêt de plaques : la plupart des voyageurs, qui sont passés par là depuis 1942, ont, en fait, laissé une trace de leur passage sur cette route mythique sous la forme d’une plaque de leur région d’origine et ceux qui passent encore aujourd’hui par ici continuent à le faire.
Il y aurait plus de 80.000 plaques de toutes sortes d’origines confondues dans cette étrange forêt. Inutile de vous dire que nous n’avons pas résisté à jouer le jeu et à laisser nous aussi une petite trace de notre passage.

Mais je vous défie de la trouver dans cette forêt de « sign post… ».

 

Le côté sympa de cette région, ce sont les merveilleux bivouacs au bord de lacs, parfois immenses. Tout est prévu pour un bon feu de bois et l’eau, translucide, invite à la baignade et au kayak.
Nous voilà comme deux « Robinsons » des temps ultra modernes 😉

 

Et si voisins il y a et qu’en plus, ils sont sympas, cela promet parfois de chouettes soirées inattendues😜


 

Le côté nettement moins sympa, par contre, ce sont ces milliers de minuscules volatiles affamés qui ne vous laissent aucune répit, surtout au moment du coucher et du lever de soleil.
En plus, ils ont l’art de piquer en sourdine, sans tambour ni trompette, ce qui fait que vous vous retrouvez sucés de votre sang en moins de temps qu’il ne faut pour le dire ! 😫

 

Vous souvenez-vous de vos classiques de Walt Disney ? Voici la version originale d’Evinrude, la libellule pilotant le bateau le plus rapide du bayou dans Bernard et Bianca.
Ici, les libellules, on les appelle les « dragonflies ». Il y en a beaucoup. Elles vous suivent parfois par dizaines.

 

Et, que va donner cette première tentative de pêche au lancer dans cette rivière agitée ?

🙄. Mmmmmh. Heureusement qu’on avait prévu de quoi se sustenter 😉

 

Un petit détour par le village de Keno, ancienne hameau minier, nous laissera bien déçus mais nous confirmera toutefois encore la rudesse de la vie de ces dizaines de milliers d’aventuriers qui ont tout lâché pour tenter l’aventure de l’or. Leurs conditions de vie et de travail furent très rudes et leur vie s’apparenta bien plus, pour beaucoup, à de la survie.

 

 

A une trentaine de kilomètres de Dawson City, nous traversons un épais brouillard, mais nous comprenons bien vite, à l’odeur de l’air environnant, qu’il s’agit en réalité d’une épaisse fumée, poussée par les vents, produite par des incendies de forêt dévastateurs, nombreux en cette saison.

 

Pas question de traîner trop longtemps dans les parages ! Le temps d’un petit brunch au Moose Creek Lodge et de l’achat de quelques légumes frais dans cette petite serre chauffée au bois, nous filons droit vers Dawson City.

 

Dawson City, the famous Gold rush town, est proche.
Nous vous en parlerons dans le prochain article.

En attendant, que votre route à tous soit belle, où qu’elle soit !

 

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MICHEL VISSE
Invité
MICHEL VISSE

Au moins ici pas de soucis pour les agoraphobies

caroline
Administrateur

En effet, ça ne risque pas, même dans la ville la plus touristique !

Eric
Invité
Eric

Oui, mythique, immense et beau. Bonne route.

caroline
Administrateur

Tu y es déjà allé ?

O'Farrell
Invité
O'Farrell

Super Cool, enjoy the next stage of your trip xxx

rul
Invité
rul

très interessant ! Êtes-vous vous déjà repassé au-delà de l’Atlantique ?

Bisous.

DD et Titi

Béné
Invité

Article passionnant et superbes photos comme d’habitude !!! Bonne continuation dans votre merveilleux voyage. Bizzzz à vous deux.

Bervoets
Invité
Bervoets

Magnifiques photos
Dis Jean Pierre … quand tu fends du bois. Pense à porter des gants , un pantalon et des bottines …..

Marie Berranger
Invité
Marie Berranger

Magnifique! C’est l’aventure tous les jours 😉 j’envoie Oli vous lire de suite, histoire de lui mettre l’eau à la bouche et peut être ainsi influencer la destination d’un prochain périple! Bisous à vous 2 de nous 4. Marie