Californie, entre vie et désert, tu t’enflammes et tu trembles.. (partie Sud)

 

 

En quittant San Francisco, nous avons pris la magnifique route du Big Sur qui longe la mer entre Carmen et San Simeon.

La route est vraiment très belle. Elle vous en met plein les mirettes avec de belles vues plongeantes sur l’océan. Elle longe véritablement la côte et rares sont les habitations entre les quelques hameaux que nous avons traversés.

Un château démentiel incarnant la démesure américaine dans toute sa splendeur surplombe les hauteurs de San Simeon : Haerst Castel.
Un richissime américain du nom de William Randolph Hearst, magnat de la presse, en a commandé sa construction en béton armé, au début du 20ème siècle et c’est l’architecte Julia Morgan qui fut le maître d’oeuvre entre 1919 et 1947. Elle avait reçu carte blanche et les demandes du propriétaire allèrent même jusqu’à exiger un zoo personnel avec des ours polaires et des animaux d’Afrique… Juste dingue.

Aujourd’hui, faute de moyens des descendants pour entretenir ce monstrueux domaine, ce dernier a été donné à l’Etat de Californie qui en assure tant bien que mal sa maintenance.

 

 

 

La côte californienne, colonisée par les Espagnols à partir du 18ème siècle, est parsemée de 21 Missions.
La Mission de Carmel, souvent citée dans les livres, attire notre curiosité. Nous n’étions pas bien loin à vélo, alors pourquoi ne pas y jeter un petit coup d’oeil.

 

Fondées dans le but de répandre la foi chrétienne en l’inculquant aux populations indigènes et visant à les rendre autonomes en leur apportant un certain savoir-faire comme l’élevage, l’agriculture et le travail du fer, il est claire que les missions permettaient, en réalité, d’étendre l’emprise de l’Espagne sur ces terres tant convoitées…

Nous avons également fait un saut à la Mission la mieux restaurée dans les années ’30, pierre par pierre, parfaitement à l’identique, par the Civilian Conservation Corps (The CCC) :
la Purisma Conception Mission, créée par les pères franciscains en 1787.
The Civilian Conservation Corps », née sous la présidence de Roosevelt dans les années 33, en période de grande dépression, fut vraiment une idée géniale.
Cette organisation (the CCC) offrait le gîte et le couvert ainsi qu’une petite paye à près de 275.000 jeunes sans emploi qui, en contrepartie, oeuvraient à la reconstruction d’un patrimoine, à la plantation de forêts, au déblayage post ouragans ou encore à la construction de routes, comme la fameuse Blueridge Parkway, une route de crête que nous avions parcourue sur près de 700 km à l’Est des Etats-Unis.

 

 

 

Mission Santa Barbara

 

A la fin du Big Sur, nous avons quitté la côte californienne pour entrer plus à l’intérieur des terres, traverser les territoires de Kings Canyon et Sequoia NP et retrouver le contact avec la nature pure et simple, celle qui a vu passer les millénaires et s’est vue grandir au fil des siècles : la noblesse végétale du monde des géants.

 

 

Nous y avons croisé une maman ours et son petit en quête de nourriture. Cette rencontre fortuite nous a fait prendre conscience que si l’on ne voit pas souvent d’ours quand on se ballade en forêt, eux par contre, c’est sûr, ils nous voient, bien cachés à quelques mètres de la faite d’épineux géants. Mais, inutile de lever la tête, ils sont sacrément bien cachés.

 

Après cette incursion dans les terres de Californie près de la frontière du Nevada, nous sommes redescendus à nouveau vers la côte.
Plus la Citée des Anges se rapproche, plus l’habitat change : le bois tend a disparaître au profit de l’adobe, les villages se colorent et s’étirent sur le flanc des collines, prenant soudainement de l’altitude et perdant peu à peu leur quadrillage stricte à l’américaine.

 

 

 

Tandis que les pélicans, les loutres de mer, les geais, les cailles sauvages de Californie et les vautours accompagnent nos ballades, un jeune oisillon s’invite à l’intérieur de notre véhicule et nous offre un vrai récital de frayeur.


 

La Californie, c’est aussi le verger de la côte Ouest. Nous avons traversé de gigantesques territoires dédiés à la culture du raisin, des oranges, des mandarines et des pommes.
Ici, ce sont des champs de fraisiers sur des centaines d’hectares. Notre magnifique Limbourg nous semble soudainement minuscule à côté de ces cultures à perte de vue.


 

Pour les fanas de la série TV des années 89-90, voici la « fameuse » plage d’Alerte à Malibu. Elle était juste sur notre route. On ne s’est même pas arrêté.

 

Et soudain, nous voilà à la porte de la fameuse Cité des Anges, Los Angeles (L.A.)

La curiosité nous pousse à y faire un petit tour, sans grande conviction. Mais puisque nous sommes sur sa route…
A quoi donc ressemble la deuxième plus grande ville la plus peuplée des Etats-Unis, qui « fait son cinéma », avec ses fastes et son exubérance ???

Après avoir parqué le camion du côté d’Universal Studios, nous prenons le métro et naviguons entre les différents quartiers. Hollywood boulevard, qui a certainement dû connaître sa période de gloire, a pris de sacrées rides et ne présente pas grand intérêt…

… si ce n’est peut-être pour ceux qui ont laissé leur étoile incrustée dans ces pavés.

 

Quant à nous, nous n’avons pas trouvé les Anges, mais plutôt la misère et la pauvreté qui semblent faire partie du décor urbain sans que personne n’y prête aucune attention…

 

 

Une fête et des danses indiennes dans le quartier d’El Pueblo apportent un peu de couleurs dans cette ville qui, dans son ensemble, ne nous séduit franchement pas.

Nous décidons de reprendre la route, après une nuit de repos tout de même, pour nous diriger vers Joshua Tree NP qui, lit-on, abrite deux écosystèmes de désert distincts : le désert du Colorado (basses altitudes) et le désert des Mojaves (aux altitudes plus élevées). On y découvre une espèce d’arbres, l’arbre de Josué, que l’on ne trouve que dans le Sud-Ouest des Etats-Unis.

 

La faille de San Andreas est là, dans le fond du canyon.

C’est donc là que tu trembles, perle de l’Ouest. Que vas-tu donc devenir entre tes secousses et tes incendies incessants que nous avons évités de justesse ?

Vue sur la faille de San Andreas

 

Au cours d’un trek, nous tombons sur une palmeraie, cachée dans le creux des montagnes. Un étonnant éclat de verdure qui a su trouver son chemin entre ces roches et ces terres arides.


Enfin nous le tenons, ce sacré Roadrunner. il nous nargue depuis le Nouveau-Mexique sans que nous ayons eu la chance de le capter. Nous tenons enfin ce Grand Géocoucou dans notre « boîte noire », certes un peu de loin.

 

Ici, c’est sûr, pas de risque de se faire réveiller par les voisins. Nous y passerons une nuit, seuls au monde.


 

Pour rendre service à des amis très sympa, nous passons quatre jours à attendre la livraison de deux valves électriques dans une ville américaine aux couleurs de l’arc en ciel et au visage de retraités : Palm Spring. En plein désert, sous 35 °c en plein mois d’octobre, les nombreux palmiers qui doivent certainement être à l’origine de son nom ne nous rafraichissent pas. Nous filons nous réfugier sur les hauteurs dans l’attente du précieux colis qui tarde.

Une petite escapade en montagne sur le territoire des indigènes nous aidera à passer le temps. Et ici, les colibris semblent y avoir vraiment trouvé leur petit coin de paradis.

 

 

Ca y est, grâce à un charmant couple d’américains qui ont bien voulu nous servir d’adresse pour la livraison, les valves sont enfin arrivées. Nous pouvons poursuivre notre route vers le sud.

Un dernier désert, celui d’Anza-Borrego nous attend avant le grand saut vers le Mexique. Sur la route, en pleine nature, juste avant d’atteindre le village de Borrego Springs, nous croisons les sculptures animalières de métal de Ricardo A Breceda, un sculpteur mexicain aujourd’hui décédé.

Mais nous ne nous attardons pas car les journées sont courtes en cette fin octobre et nous voulons encore prendre la longue piste qui mène aux badland avant le coucher du soleil.

 

Maintenant, la frontière mexicaine ne nous semble plus qu’à quelques tours de roues par rapport à tout ce chemin parcouru depuis notre arrivée à Halifax.
Nous avons presque l’impression de voler en traversant ces derniers paysages brûlés par le soleil.

 

Nous passons une dernière nuit en bord de mer, près de San Diego, avant de passer la frontière mexicaine à Tecate. Nous préférons éviter Tijuana, plutôt mal famée. Des amis voyageurs nous ont précédés et, d’après leur expérience, Tecate semble être un bon plan.
Ici, les surfeurs s’en donnent à coeur joie et l’endroit est plutôt agréable

 

Nous en profitons pour faire quelques derniers achats car nous ne savons pas si nous trouverons certains produits pour le camion au Mexique.

Nous quittons les USA heureux, après avoir appris à l’apprivoiser et la connaître durant de nombreux mois. La richesse et l’authenticité de sa nature et de ses paysages restera pour nous sa vraie valeur.
Nous allons passer au-delà de son terrible mur absurde pour un saut de l’autre côté du miroir. Et là, une nouvelle aventure va commencer.

A bientôt pour un petit topo sur la Baja California.

 

2
Poster un Commentaire

avatar
2 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
2 Auteurs du commentaire
EricAndré Denis Auteurs de commentaires récents
  S’abonner  
plus récent plus ancien Le plus populaire
Notifier de
André Denis
Invité
André Denis

Bonjour vous deux, bienvenue dans ce beau paradis, la Baja (baha) California .J’ai plus de vingt voyages de faits dans cette belle partie du Mexique et j’ai toujours passé par Tijuana sans aucun problème. Bon voyage et surtout de belles découvertes. Vos photos sont superbes et vos textes nous donnent le goût de partir pour le sud mais pour le moment je dois régler mes problèmes de santé. Au revoir.

Eric
Invité
Eric

Toujours au top !
Bon, j’ai quand même un problème entre la taille du MAN et celle de l’ours par rapport à la taille de l’arbre.
MANneke…
J’aurais bien vu un montage à la King Kong, avec le camion emporté en haut de l’arbre géant par l’ours.
Bon Mexique.

Eric