Californie, entre désert et vie, tu t’enflammes et tu trembles… (Partie Nord)

Une traversée du State Park Humboldt Redwoods, peu avant de prendre la route de la côte, nous transforme littéralement en Lilliputiens face à ces géants pluri-centenaires.
Ils sont vraiment gi gan tesques. En les regardant bien, peut-être verrez-vous apparaître subrepticement, dans leurs écorces cisaillées, les traits d’un vieux sage dont les rides profondes vous content des siècles d’histoires et vous inspirent le respect…

 

 

En chemin, ce petit hameau nous semble, à première vue, à l’abandon. Pourtant, il est bel et bien encore habité.
Cette tranche de tronc d’arbre à l’entrée, qui nous regarde tel l’oeil d’un cyclope, ne nous donne pas vraiment envie de nous y attarder.

Ci et là, des Wapitis se promènent nonchalamment.  Ils n’ont pas franchement l’air effrayé par notre passage. Nous en croisons beaucoup. C’est un vrai paradis pour notre ami D.D.

 

Après cette petite incursion forestière, nous voilà de retour le long de la côté, californienne cette fois.
Imaginez une longue route de montagne quasi vierge, très peu habitée, sur des dizaines et des dizaines de km, en bordure de mer, avec des vues imprenables sur des criques et des falaises, et une eau turquoise où le soleil embobine, par endroit,  joliment ses rouleaux….☺ c’est tout simplement superbe.

 

 

 

La plus belle partie est incontestablement celle qu’on appelle le Big Sur, entre Carmel et San Simeon (140 km). Mais nous l’aborderons plus tard dans la Partie Sud.
Les falaises semblent tomber véritablement à pic dans l’océan.
Parfois, quelques rares personnes sont parvenues à construire leur maison à flanc de falaise, bien cachée, loin de tous.
Leur écran de vie ne doit être qu’un océan à perte de vue.

En parcourant cette route, on se rend compte de la chance que nous avons de voir ces paysages depuis notre véhicule, « haut perchés » : les points de vue sont saisissants.
Nous profitons de ces promontoires pour scruter, de temps à autres, l’horizon à la recherche de quelques baleines qui seraient un peu en avance sur la période de migration mais elles semblent avoir un agenda bien à jour. Tant pis, nous les verrons plus au sud.

En journée, les températures sont très agréables, mais dès que le soleil se couche, un bon coupe vent est plus que nécessaire en ce mois d’octobre.

 

 

Un petit détour par Mendocino nous fait découvrir un charmant village style Nouvelle-Angleterre, datant du XIXème siècle, où subsistent encore de nombreux châteaux d’eau en bois toujours en activité.

 

 

 

 

Bien que nous ayons hâtes d’atteindre Frisco, nous prenons toutefois tout notre temps pour descendre plus au sud de la Californie car des incendies font rage à différents endroits pour l’instant et nous n’avons vraiment pas envie de nous jeter dans le ventre de Vulcain.

Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à apprécier les bords de mer : ces gros ventrus sont nombreux à se vautrer comme des pachas sur ces côtes rocheuses et découpées.

 

Bon, allez, faut bien que j’y aille. Ca doit faire un moment que je ne me suis plus rien mis sous la dent.

un chouette petit spot où nous passons la nuit

 

 

Dites-donc, les laineux, vous faites plutôt débraillés tous les deux. Je ne vais pas vous en faire tout un fromage, mais il serait peut-être temps que vous passiez voir un coiffeur.
Voyez plutôt mon plumage…

 

A une centaine de Km au nord de San Francisco, nous décidons de faire un petit crochet par la Sonoma et la Napa Valley d’où sont issus les meilleurs « jus de raisins améliorés de Californie ».
On ne sait jamais que Madame Frisco nous retienne sur Alcatraz… Un dernier petit nectar avant la descente aux enfers 😜 🍷

 

Ici, tout est tourné vers le vin. Une ancienne station service est même transformée en lieu de dégustation.

Quant aux propriétés des vignerons, elles sont souvent à la hauteur des prix de leur élixir… Et c’est loin d’être la plus grande.

 

 

SANS FRANCISCO, oh combien nous t’avons imaginée, te voici enfin.

 

Notre camp de base à la marina de Sausalito, 5 km avant le Golden Gate, est vraiment pratique et agréable. À 5 minutes à pied du ferry menant à San Francisco, nous y croisons plusieurs voyageurs qui ont le même plan pour visiter la ville aux montagnes russes. De plus, depuis Sausalito, nous avons une superbe vue sur la baie de San Francisco.
Situé juste de l’autre côté de la « porte d’or », ce village est un ancien hameau de pêcheurs devenu, avec le temps, un repère d’artistes et un endroit apparemment très prisés des californiens fortunés.
Dans les années 60, les hippies de SF décident de s’y installer et vivent dans des bateaux rafistolés afin de fuir la hausse des loyers à San Francisco.
Aujourd’hui, ces houseboats sont devenus de véritables maisons flottantes qui forment à elles seules un petit village.

Non loin de notre emplacement au parking de la marina, nous découvrons un magnifique Taj Mahal Houseboat, véritable palais miniature construit par un richissime viticulteur et entrepreneur californien pour la modique somme, nous dit-on, de 2 millions de dollars !

 

Nous pouvons rejoindre SF en ferry ou à vélo par le pont le plus emblématique du cinéma. Tout n’est qu’une question de gambettes car, il faut le savoir, ça grimpe solidement.
Les deux premiers jours, nous avons opté pour le ferry et ensuite, pour le vélo. Notre véhicule est resté trois jours au parking de la marina de Sausalito, juste à côté des bateaux et nous y avons passé la nuit, bercés par le doux clapotis de l’eau.
En chemin vers SF, nous croisons de nombreux cyclistes. Le sport national ici, c’est de se faire un petit col à vélo depuis Sausalito, le matin avant d’aller bosser ou le soir, pour bien dormir.

 

Sur le quai de San Francisco, nous sommes accueillis par Mohandas K. Gandhi. C’est sûrement un bon présage  !

 

Le front de mer est extrêmement étendu et le nombre de quais, surprenants.

Le Pier 39 est littéralement squatté par une colonie de lions de mer au niveau de Fisherman’s Wharf.
Ils semblent y avoir élus domicile depuis le tremblement de terre de Loma Prieta le 17 octobre 1989. A cette époque, ces pontons faisaient apparemment l’objet d’une remise en état et aucun bateau n’y était amarré. Ils auraient quitté la petite île rocheuse au large d’Ocean Beach pour le Pier 39 en septembre de la même année… Auraient-ils pressenti les fameuses secousses ?

 

Les regarder est une expérience tant divertissante que nauséabonde. On ne peut pas dire qu’ils aient bonne haleine, mais leurs comportements sont vraiment marrants à observer.
Entre gros câlins, défense de territoires, plongeons pour la pêche et sieste au soleil, on repère bien vite les doux et les dominants.

 

Pououou, je m’fais vraiment vieux

 

T’es vraiment confort, tu sais…

 

Chez Boudin, c’est la fête, un vrai plaisir de trouver enfin une boulangerie un peu à la française. C’est plutôt rare aux USA, alors le sac à provisions se remplit.

 

Dans cette ville aux 43 collines, armez-vous de bonnes chaussures et prenez votre temps. Certaines rues grimpent tellement fort qu’il nous a fallu parfois reprendre notre souffle à certains endroits pour atteindre le sommet, surtout en plein soleil. Mais, bien vite on est récompensé de nos efforts par une vue plongeante sur un quartier et une descente vertigineuse. C’est clair, les mollets trinquent…
Quant au parking, il y a intérêt à avoir un bon frein à main et les roues, tournées vers le trottoir. Sinon, bonjour les dégâts… (et PV).

Etre à S.F. sans prendre au moins une fois le Câble Car, une des icônes de la ville, ce serait vraiment dommage ! Alors, en route pour cette expérience unique au monde.

Ici, quand il faut faire demi-tour, c’est à la force des mains que l’on retourne ce légendaire tramway que tous désirent. Rien à voir avec celui de Marlon Brando, bien sûr ! Mais, il faut parfois s’armer de patience pour y avoir une petite place.

Un petit passage par la fameuse Lombard Street, accrochée au flanc d’une colline du quartier de Russian Hill, nous rappelle quelques scènes célèbres du cinéma dans lesquelles des voitures mènent une course effrénée dans ces virages en épingle à cheveux, extrêmement serrés.
Mais, à voir le défilé permanent des voitures empruntant chaque jour cette rue mythique juste pour la photo, il vaut mieux ne pas y habiter.

 

A San Francisco, il y a autant d’ambiances qu’il y a de quartiers et lorsque vous arrivez au sommet d’une colline, le quartier qui se découvre de l’autre côté peut être complètement différent.

 

 

 

 

 

Les « painted ladies » comme on les appelle ici, situées face à Alamo Square, sont des maisons de style victorien, peintes en différentes couleurs pour mettre en valeur leurs détails architecturaux. Elles auraient été construites entre 1892 et 1896 par Matthew Kavanaugh et feraient partie des plus anciennes maisons de SF. On en aurait construit plus de 48.000 dans ce style à travers la ville.

 

 

 

Ville aérée, verte, lumineuse et colorée, elle l’est plus encore au sein du quartier latino où les fresques murales sont culturelles et racontent les histoires de tout un peuple.

 

 

 

 

 

 

Nous avons tout de même pris le temps d’observer le fameux pont, ce pont tellement mythique où furent tournées de nombreuses scènes de films, Golden Gate le Grand…
Nous l’avons regardé depuis les crêtes au petit matin et au soir tombant, et nous lui avons trouvé mille et un visages.

 

 

Et puis, nous l’avons parcouru à vélo et en camion. Sa structure est très impressionnante : ces câbles font 1 m de diamètre et une équipe d’une vingtaine de peintres y travaillent quotidiennement. Nous gardons toutefois un véritable coup de coeur pour celui de Brooklyn…

Avant de laisser la belle Frisco, nous décidons toute de même d’aller visiter l’île depuis laquelle, soit disant, nul ne pouvait s’échapper : Alcatraz la terrible.
Vous avez certainement vu ou entendu parler un jour de l' »Evadé d’Alcatraz », où le grand Clint Eastwood (dans le rôle du prisonnier Franck Morris)  nous raconte comment ce dernier s’en échappa avec deux autres compères, en juin 1962. Ce fut un véritable exploit car, si beaucoup tentèrent de s’en échapper, ces trois-là, eux, y réussirent et ne furent jamais retrouvés.

Son nom, d’origine espagnole, lui a été donné car elle était autrefois habitée par une colonie de fous de bassan (qui se dit « Alcatraz », en espagnol).
Avant d’y abriter un pénitencier pour prisonniers violents ou désireux de s’échapper des autres prisons, comme Capone, ce pic rocheux fut longtemps le siège militaire de l’armée américaine qui y construisit une véritable citadelle fortifiée.
Ce n’est qu’en 1909 que l’armée quitta officiellement l’île et qu’elle devint d’abord une prison militaire.

Puis, en 1933, dans le but d’enrayer la terrible augmentation de la criminalité, liée étroitement à l’époque de la prohibition, elle fut rattachée directement au Département de la Justice des Etats-Unis et on décida d’en faire une prison dont la vie carcérale serait exemplaire.

Cour de « récréation »

 

La prison fut fermée définitivement en mars 1963, après 29 années, faute de moyens pour entretenir les lieux…

 

 

Voilà, finalement, on ne nous a pas gardés … Heureux de retrouver la terre ferme du continent, nous nous apprêtons à quitter Frisco pour pénétrer l’intérieur des terres de cet état qui flambe de partout.
Le Sequoia National Park et le King Canyon, situés à plus de 1200 mètres d’altitude, semblent y échapper pour l’instant. Ce sera donc notre prochaine destination.
Nous vous en raconterons davantage dans notre prochain article sur la Californie, partie Sud, où nous sommes actuellement.

La frontière mexicaine est à notre porte. Le grand saut culturel et sécuritaire est pour bientôt.

Entre-temps, take care !

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jpMoensANNIE VANDER ELST Auteurs de commentaires récents
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ANNIE VANDER ELST
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ANNIE VANDER ELST

Prudence les amis, prudence, les incendies ont été intenses !
Merci pour ces magnifiques photos qui nous ont rappelé bien des souvenirs, » We left our hearts in San Francisco…. »
Rassurez-nous vite et profitez un max du Mexique !
Bisous des voisins du 30

Moens
Invité
Moens

Superbe reportage! En son temps, nous avons adoré Frisco! Bonne route!