Argentine : Du P.N. Los Alerces au P.N. Nahuel Huapi

 

(Du 17/01/23 au 25/01/23)

 

En quittant Los Antiguos en direction du P.N. Los Alerces, nous empruntons le Route 40 vers Gobernador Costa.
A environ 120 km, une petite route (55) part sur la droite et conduit à un site de Bois pétrifiés. Nous décidons de passer outre car nous en avons déjà vus plusieurs aux Etatts-Unis.

L’état de la Route 40 laisse à désirer : il nous faut slalomer entre les nids de poules, les véhicules qui n’avancent pas et ceux qui  arrivent en sens inverse. Un vrai gymkhana !

Il nous faut atteindre Esquel pour trouver la bifurcation vers le Parc National Los Alerces.
Arrivés à Esquel, nous en profitons pour faire quelques petites courses et trouver un cordonnier. Il faut savoir qu’en Argentine et au Chili, la plupart des magasins ferment entre 13h et 16h30, voir 17h. Donc, si on n’arrive pas dans la matinée, on est bon pour attendre la fin de la sieste.
Il fait littéralement étouffant, près de 38c. Un point d’eau s’imposer pour trouver un peu de fraicheur.
La veille, nous avons été contactés par un couple d’amis belges qui nous a donné rendez-vous à la Laguna Azeta, sur les hauteurs d’Esquel. C’est justement là que l’on comptait se poser.
Côté plage, il y a un monde de fou. Ce sont les grandes vacances au Pays (janvier/février). Nous finissons tout de même par trouver une place sur le côté droit du lac, bien au calme.
Ce fut une bonne soirée bien arrosée et une bonne matinée d’échanges d’expériences : eux venant du Nord, nous venant du Sud.

 

P.N. Los Alerces :

Les « Alerces » sont des arbres, des mélèzes. Au départ de Puerto  Chucao sur le lago Menéndez, il est possible de prendre un bateau pour atteindre le point le plus reculé du parc, près du Lago Cisne et aller voir un des bois les plus anciens du monde où se cachent des Alerces millénaires qui profitent d’un écosystème naturel exceptionnel.
Une terre vierge où la nature est reine, loin de toute ville, de tout habitat, où l’on sent l’humidité ainsi que des senteurs étonnantes. Cette terre, appelée la jungle valdivienne, est faite de dépôts paléontologiques, terrestres et marins. Elle est protégée et a été déclarée Monument Natural.

 

Pour atteindre le petit embarcadère, une marche d’une demi-heure, le long du Lago Verde et de la rivière Mendez, très agréable, s’impose. Pas d’accès direct en voiture.

 

 

La journée s’y prête : pas un souffle d’Eole, aucune brise, même légère. Le Lac semble figé dans un profond sommeil offrant à nos yeux un délicat miroir où terre – ciel et terre – eau semblent se rejoindre, s’entremêler au point de suspendre un temps la ligne d’horizon.

 

 

 

 

Une bonne heure et demie de bateau se passe et voilà que nous approchons d’un très ancien glacier qui a beaucoup reculé, El Torrecillas.

Le lago Menéndez sur lequel nous naviguons occupe l’ancien lit d’un glacier disparu à la fin de la dernière glaciation.
Deux de ses trois bras plongent au coeur de la chaîne des Andes et sont dominés par des montagnes très escarpées et des glaciers.

 

Il n’est pas facile de photographier un Alerces millénaire. Ils sont tellement gigantesques.

 

 

On estime l’âge de ce « grand-père » à 2.600 ans. Sa hauteur approximative serait de 57 m et son diamètre, environ 2,8m.
L’Alerce serait la seconde espèce d’arbre au monde qui connaîtrait la plus longue longévité. Toutefois sa croissance (en terme de diamètre) est extrêmement lente : entre 0,6 et 1,6 mm par an !
Son écorce, contrairement à son apparence, est toute douce. Quant à son bois, il offre des qualités de durabilité, de poids et de flottabilité, raison pour laquelle il a été très utilisé pour la construction de canoë par les peuples anciens. Au chili, il est très utilisé pour recouvrir les façades de maisons, voire même des toitures.
La Réserve Nationale Los Alerces fut crée en 1937 afin de protéger l’espèce mais malheureusement, son exploitation commerciale dura encore jusque dans les années 50′.

 

 

Une fois mort, l’Alerce mettrait un temps considérable à se décomposer tellement son bois est dense.

 

Cette jungle valdivienne est peuplée d’une graminée appelée « Caña Colihue », qui pousse dans les zones humides des bois andins de Patagonie. Contrairement aux espèces de bambous (creux) que nous connaissons en Europe, ces canes sont pleines.

 

 

On y trouve aussi des Arrayán, arbres facilement reconnaissables par la couleur cannelle de leur tronc. Ces arbres sont vraiment spéciaux. Ils ont une particularité : il peut faire 38c dehors, leur tronc garde toujours une fraicheur inattendue au toucher.

 

Nous avons marché un peu plus de 2h dans cette forêt incroyable, à monter et descendre, sous une chaleur humide. Mais c’était une belle découverte et le guide était drôle, passionné et passionnant.
Il est préférable de réserver la visite depuis une agence d’Esquel car sur place, on ne vous prend que s’il reste de la place sur le bateau.

En dehors de cela, le parc est très couru en été. Il y a un monde de dingue au bord des plages de lac et les forêts sont extrêmement denses. Ce n’est vraiment pas le paradis du trek. En outre, il n’y a vraiment pas beaucoup d’endroits pour s’arrêter pour de grands véhicules comme le nôtre.
Nous avons fui rapidement cette foule estivale et sommes sortis du parc pour nous arrêter un peu plus loin, au village de Cholila, endroit paisible en bordure de rivière. L’eau est translucide et la baignade, assez facile. Nous y sommes restés deux jours dont une journée en compagnie d’une adorable famille d’Argentins et leurs jumeaux avec lesquels nous avons beaucoup échangé. Une petite fête de concours hippique (d’agilité) débutait.

Il y a également un petit hotel (La Pilarica Lodge) qui dispose d’un restaurant avec le menu du jour seulement le soir. C’était franchement bon et l’endroit était bien agréable. Sous réservation aussi car il n’y a pas beaucoup de tables.

 

Après avoir regardé quelques épreuves d’agilité,  nous avons repris la route vers le P.N. Nahuel Huapi.

 

P.N. Nahuel Huapi :

Arrivés à l’embranchement de Villa Mascardi, nous avons pris la piste qui longe le Lago Mascardi pour monter vers Pampa Linda. A un moment donné, la piste devient plus étroite et cahoteuse. Il y a d’ailleurs des horaires pour monter et pour descendre afin que les véhicules ne se croisent pas sur cette portion assez longue jusqu’à Pampa Linda.

Un peu avant le sommet de la piste, le Ventisquero Negro avec son lac d’altitude, d’un vert laiteux, est impressionnant.
Il s’agit d’un des quatorze glaciers du Cerro Tronador.

 

 

 

 

Au sommet de la piste, les contreforts du Cerro Tronador (3.478m) d’où dévalent de nombreuses cascades sur les flancs des volcans éteints.

 

 

Un très beau trek part de Pampa Linda pour atteindre la base du Cerro Tronador. On s’est lancé. Il grimpe progressivement dans la forêt sur 8 km. Arrivés quasi à ses pieds, nous comprenons mieux d’où lui vient son sacré nom, à ce Cerro : on dirait en effet qu’il rugit, comme si la chute de ses blocs de neige lui arrachait le coeur…

 

 

 

Au sommet, les blocs de neige se perdent dans la pâleur du ciel.

Un pique-nique à ses pieds est un moment magique. On ne se lasse pas de contempler ses grosses larmes et ses rugissements, par moment, sont impressionnants !

Maintenant, il nous reste 8 km pour redescendre, des km qui nous paraîtront bien longs sur la fin, après le passage de la rivière. On croit toujours être arrivés, mais nooooon ! Faut encore mettre un pied devant l’autre.
Vivement ce soir qu’on se 🥱 😴 !

La suite du P.N. Huapi viendra dans une seconde partie. Il est très étendu et il est temps que j’aille rejoindre mon copain Morphée 😌.

 

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OnZroad
OnZroad
1 année il y a

“Addicted” nous le sommes devenu! Addict à vos récits que nous nous empressons de découvrir dès la réception de l’émail d’alerte sur votre nouveau post. De fait à travers vos posts nous vivons par procuration ce qu’était notre parcours initial !.
Par contre c’est certain vous nous avez convaincu (assez facilement ) de repartir terminer le voyage commencer en 2019. Décollage prévu pour 2025?!
Encore merci pour vos posts
Laurent & Angie

Moens Marcel
Moens Marcel
1 année il y a

Quel plaisir, toujours renouvelé, de voyager avec vous. Merci!

Lionel
1 année il y a

Tres belles images d’un continent que je survolais dernièrement il y a 2 semaines en route pour l’Antarctique … merci de capturer ce qu’un vol en avion n’e saurait faire !
Bonne continuation !
Lionel, Stockbridge MA

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rul
rul
1 année il y a

les photos deviennent de plus en plus belles !

Magnifico !

Besos de Titi et Dd

André Denis
1 année il y a
Répondre à  rul

Oui, votre récit et photos nous donnent envie de quitter l’hiver du Québec pour l’Amérique du sud. Merci et bonne continuité.

Pierrette
Pierrette
1 année il y a

Magnifique ! Merci beaucoup pour votre voyage partagé en photos. Bonne continuation…

Marc et Geneviève
1 année il y a

On note, on note (:-)) Vous allez être très en forme avec toutes ces randonnées ! Merci pour le partage et je vois qu’il y a encore du pain sur la planche pour résorber le décalage de parution (:-))))

Annie
Annie
1 année il y a

On vous suit depuis la Provence cette fois ,( changement de pre rejouit les veaux) et votre périple nous ravit. Vous nous apprenez des choses incroyables et nous admirons votre résistance de grands sportifs !
Ici, on se contente de lézarder au soleil en vous lisant !
Bisous à vous deux
Annie

ALCOL
ALCOL
1 année il y a

Merci les amis pour cette piqure de rappel concernant les mélèzes, leurs cousins et autres grand-pères…
Comme d’hab, les photos sont sublimes.
Bonne continuation et A+ en attendant avec impatience votre prochain carnet de voyage…
PS Sommes de retour en Belgique pour une période de six semaines.
Biz à partager
Colette et Alain

Nanou
Nanou
11 mois il y a

Lire que vous êtes à 38° quand nous sommes là où nous nous sommes rencontrés à -1°, ça fait un vrai décalage !
C’est encore plus merveilleux de lire et de regarder vos aventures !